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Alela Diane à l’Olympia le 2 juin – J’y étais, pourrai-je dire à mon fils !

Par Thierry The Civil Servant • jeu 4 juin 2009 • Categorie: Musique

Concert d’Alela Diane, le 2 juin à l’Olympia

Appréciation de Thierry niveau 2

Après un Bataclan complet au printemps, où Culturofil n’avait pas réussi à glisser une de ses plumes, j’attendais avec impatience le retour de la chanteuse, en priant les saintes attachées de presse que cette fois-ci nous en soyons des heureux élus invités. C’est pas qu’on soit radin mais les concerts s’accumulent et le porte monnaie se vide rapidement (tiens encore ce jeudi 4, Neil Young). Et nous en fumes… et ne pouvons aujourd’hui que nous en féliciter1.

Alela Diane tenait l’Olympia hier soir. Arrivé à la bourre (mais pourquoi tout le monde prend-il sa voiture pour aller dans Paris, moi le premier ?), j’ai manqué la prestation d’Olle Nyman que pourtant je tenais à voir, le suédois ne m’ayant pas convaincu lors du Fargo All Stars d’octobre dernier, et ce d’autant plus que depuis, il a réalisé un album plutôt réussi qui sera prochainement chroniqué en ces lieux. Hélas donc la circulation eut raison du scandinave.

Salle pleine. Ambiance Olympia. Balcon rempli, orchestre à touche touche (car la bonne initiative d’enlever les sièges fut prise), et des vagues d’histoire qui nous surplombaient2. Salle conquise par avance évidemment.

Les cheveux courts

Que tous ceux qui ont émis des avis hésitants, qui ont évoqué le spectre du second album (sorti en France), qui ont regretté l’austérité du Pirate’s Gospel, que la belle pour les trente deniers de la honte aurait vendu contre un son formaté pour la foule, que ceux qui ont envisagé une banalisation d’Alela Diane, bref que tous ceux qui ont renâclé lors de la sortie de To Be Still (tribu disparate à laquelle je n’appartiens pas : qu’on me relise ici, Votre Honneur) aillent maintenant à confesse et expient. Que le lamento de leur contrition et les cris de leur affliction se répandent et portent à tous le message : le prêche d’Alela Diane est un des plus beaux qui se puissent entendre de nos jours. Le reste n’étant que littérature.

Car qui aura fait la différence, hier, sur scène entre un déjà antique My Tired Feet, un Oh My Mama issu du Pirate’s Gospel et les perles que sont White As Diamonds, Every Path ou My Brambles ? Qui aura le front de dire que les premières étaient les moments forts d’un concert dont les secondes constituaient la faiblesse ? La vérité oblige à dire qu’à l’Olympia, de moments faibles il n’y en eut quasiment pas. Peut être la reprise du Heart Of Gold du vieux loner canadien ne s’imposait-elle pas, tant il est vrai qu’il s’agit d’un de ces sommets dont les éternelles neiges ne doivent être foulées qu’après un long chemin. Et encore…

Avec son ami

Avec un groupe à géométrie variable qui la soutenait tout en souplesse et retenue, et dont le plaisir de jouer ensemble se voyait à pleins sourires, Alela s’est essayé avec un succès mitigé à parler trois mots de français, nous a annoncé que mamie et maman étaient là, mais surtout a usé de son plus bel instrument : sa voix. Et lorsque juste avant le premier rappel, elle vocalisa, seule à la guitare, sur son Take Us Back, il y eut des frissons d’émotions pures qui allèrent jusqu’à impressionner les murs de l’endroit, qui pourtant en ont vu bien d’autres. Le rappel, rapide, fut presque trop convenu après une telle gifle : The Pirate’s Gospel évidemment. avec un public en joie frappant des mains en rythme à la gloire de l’héroïne.

Désormais il ne reste plus à Alela qu’à nous donner des concerts où elle ne terminera pas nécessairement sur son premier hit. Des concerts où, outre son talent unique, elle nous gratifiera de surprises, d’inattendu. Ce jour là, je ne donne pas cher des derniers incroyants.

Putain Thierry, à part le fait qu’elle a joué le Pirate’s Gospel en rappel et que tu trouves ça un peu trop convenu, t’as rien à lui reprocher ? Vraiment rien ?
Heu, si garçon ! C’était trop court…

Alela Diane sera en concert à Evreux le 26 juin, Paris (Solidays) le 27 juin, Saint Etienne le 1er juillet, Belfort le 3 juillet (Eurockéennes), Nimes le 9 juillet, Le Cannet le 10 juillet, Liège le 12 juillet, Carhaix (Vieilles Charrues) le 17 juillet. Si vous n’y allez pas, vous risquez d’avoir à affronter le regard goguenard de vos enfants dans quelques années…

  1. …et bien sûr remercier la maison de disque de la belle []
  2. Même si, oui, je sais bien que ce n’est plus LE lieu historique, que l’Olympia a été déplacé d’une centaine de mètres etc., et alors !!! Ses fantômes ont suivi, voilà tout ! []
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Thierry The Civil Servant est un des rédacteurs Musique du magazine.
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10 Réponses »

  1. Enfin ! Je savais bien que ce Civil Servant, sous ses airs d’éternels jeune homme, qui fait depuis des années planer son ombre tutélaire sur de jeunes rockers que les autres critiques de sa génération battent froid, qui n’hésite pas à puiser dans l’underground pour notre plus grand bonheur… je savais bien que Civil Servant était tout de même, dans le fond, un vieux ringard. J’ai ma preuve : il roule en voiture. Bouuuuuuuuuuuuh :)

    —————
    P.S. : encore un article folk ;-)

  2. Voilà plusieurs fois que je viens poser mes yeux sur vos chroniques merveilleuses, voilà plusieurs fois que je suis tenté de déposer un commentaire sur votre site.

    Ce post d’Alela Diane m’a définitivement poussé à réagir. Je ne pouvais pas être indifférent à la présentation d’un concert de cet ange vocal. Comme d’habitude la publication est écrite merveilleusement bien.

    J’ai eu l’occasion de voir Alela Diane en Suisse il y a 3 ans, alors que The Pirates Gospel venait tout juste de sortir en première édition. J’ai eu le privilège de la voir dans une petite salle à moitié comble qui contenait tout juste 100 personne. Je ne pouvais que rêver en l’écoutant. J’ai d’ailleurs discuté avec elle pendant un bon quart d’heure. Depuis elle a grandit, elle a grandit comme elle le méritait mais que ce soit dans une grande ou petite salle elle capte, grâce à son grain de voix, parfaitement tous les spectateurs. Elle revient, trois ans après, au Montreux Jazz Festival. C’est dire comme elle a grandit.

    Peu importe, je souhaitais surtout vous félicitez pour toutes ces chroniques musicales dont je m’inspire pour tenter d’en créer sur mon blog (http://mrlex.blogspot.com)

    Longue vie à Alela…

    Bonne nuit, bonne journée ou alors bonne soirée.

    Salutations de Suisse

    Alex

  3. Thomas : je ne soulèverai même pas… T’as qu’à dire que je roule en 4*4 pendant que tu y est..

    Alexandre : Alela Diane il y a trois ans, ce devait être le moment parfait pour approcher la dame, ce dont vous avez pu profiter en discutant avec elle. Les petits concerts dans les petites salles sont toujours les meilleurs. De ce point de vue l’Olympia est une salle parfaite (surtout quand les fauteuils sont enlevés à l’orchestre), l’artiste est toujours proche.. Bon festival de Montreux alors.

    Et merci pour vos commentaires, j’irai voir votre blog

  4. J’étais aussi à ce concert, et si j’ai quelques réserves sur l’intervention de la batterie au milieu du concert, je suis définitivement acquise à Aléla. En ce qui concerne Olle Nyman (je prends le vélo, j’étais à l’heure!), c’était assez affreux, presque de la neo country. Une perle cependant, en première/première partie, un des musiciens d’Aléla, dont je ne connais pas le nom (celui avec une barbe noire et une chemise à carreaux qui jouait du… banjo?) a chanté 4 chansons, tout seul sur scène (Aléla a fait les choeur sur une chanson), et c’était très beau. Une voix grave, un peu commune, mais de très belles chansons, amples, bien écrites, avec un jeu de banjo très original.
    Je guettais ses apparitions par la suite et j’en suis sûre, maintenant, le meilleur d’Aléla, c’est avec lui (et pas avec son petit ami qui saute partout!)

  5. sans certitude toxic car je n’étais pas sur place, mais c’était certainement son père, qui la suit en tournée depuis un petit moment.

  6. Non, non, son père était là, effectivement (ainsi que ses deux grands parents et sa mère!) mais il a un jeu beaucoup plus classique. Il s’agissait d’un homme d’environ 30 ans (très barbu), qui fait aussi les choeurs.

  7. Bonjour Toxic, hello Arbobo,
    comme la cavalerie, j’arrive avec retard.

    Le monsieur en question c’est Matt Bauer, qui est un musicien folk qui vit sa propre vie, et accompagne Alela en tournée. Mais je n’en sais pas beaucoup plus à son sujet. Il a une page MySpace me semble-t-il.

    Pour Olle Nyman, je suis un peu surpris vu que son dernier album (bientôt ici chroniqué, quand je vais trouver les deux put. d’heures pour le faire…) louche beaucoup plus vers la soul que vers la country (cela étant la country ça peut être bien aussi… parfois). Je dois le voir sur scène d’ici quelques semaines, je verrai alors ce qu’il en est.

    A plus à vous deux.

  8. J’y étais aussi ce 2 juin (pas dans le balcon de la upper class mais dans les bas fonds de la fosse)
    D’accord elle est une artiste exceptionnelle (quelle voix sublime) et les frissons sont présents. Il semble juste qu’une admiration réelle ne doit pas cacher que ce très bon concert n’a pas atteint un sommet indépassable pou cette artiste.Je dirais qu’elle a beaucoup collée à une interprétation appliquée de ses albums (surtout le 2nd évidemment). Un peu mécanique peut-être dans son jeu (peu d’impro ou de liberté sur ces morceaux).
    Cela n’enlève rien à ce pure moment de plaisir. Juste un peu de temporisation.

  9. bonjour Elosic
    Je n’étais pas plus au balcon mais à quelques mètres de la miss.
    Je ne conteste pas vos commentaires ; du reste la fin de mon papier le dit un peu en filigrane : on sent qu’elle a le potentiel pour faire bien plus. Mais l’angle général était d’abord de revenir sur une critique un peu généralisée du second album d’Alela Diane, que je n’ai pas partagée et qu’elle a me semble-t-il enfoncée le 2 juin.

    A bientôt

  10. oh, merci pour Matt Bauer!
    Pour Olle Nyma, neo country? soul? gel dans les cheveux? Quoi qu’il en soit, il est un peu perdu, ce garçon.