culturofil_header.jpg

Olle Nyman Venture – L’indécision

Par Thierry The Civil Servant • jeu 25 juin 2009 • Categorie: Musique

Sortie le 23 mai 2009 (Diable ! Alors là ce n’est plus à la bourre que je suis, c’est à la ramasse, mais je m’en explique)

Appréciation de Thierry niveau 1

Putain, encore du folk… Air connu pour ceux qui me font la gentillesse de lire les chroniques dont je parsème, avec je n’en doute pas, un peu trop de nonchalance aux yeux de mes patronnes, ce site dédié à la culture sous toutes ses formes.
Et qui plus est chanté par un Suédois ! (oui je sais je recommence exactement comme là ; que voulez-vous, pourquoi croyez-vous que les chercheurs d’or continuaient à sasser la même eau tant qu’elle donnait des paillettes ? ).

Sauf que… rien à voir, il n’est que fort peu question de folk dans ce Venture, deuxième effort d’Olle Nyman, espoir repéré par Fargo qui lui offrit l’ouverture du premier concert du Fargo All Stars en octobre 2008, et dont je ne peux pas me dire qu’il m’avait ce jour là, convaincu. Ce qui m’amène aux raisons qui font que plusieurs semaines après sa sortie il trainaille sur mon bureau depuis presque autant de temps. D’ailleurs c’est faux ! Il ne trainaille pas : il ne cesse d’effectuer l’aller-retour entre platine et rangement approximatif. Et me laisse dubitatif…

Pochette du nouvel album d'Olle Nyman

Quand on reçoit un disque, il y a le plus souvent trois cas qui se présentent :

- c’est un loupé complet (vous noterez toute la retenue de mon vocabulaire lorsqu’il s’agit d’évoquer une daube totale) : le cas typique cette année étant, par exemple, le Working on a Dream du Boss ;

- c’est une pure merveille, vos oreilles n’ayant pas besoin de plus de deux ou trois écoutes pour s’en apercevoir : prenons par exemple le cas, bien que discuté (mais l’homme prête autant à discussion qu’un banquier vénitien le faisait à taux usuraire) du premier solo de Peter Doherty ;

- c’est un album revêche comme du chiendent au premier abord et il faut consentir l’effort de remettre le métier sur l’ouvrage pour sentir progressivement que des abeilles industrieuses ont pollinisé des œillets et des roses sous la mauvaise herbe : le Antony and the Johnston du début d’année remplit assez bien ce rôle.

Olle Nyman et son Venture n’appartient à aucune de ces trois catégories et c’est bien là que le bât blesse pour le chroniqueur, toujours prompt à calquer ses médiocres schémas d’écriture, rompus par une longue pratique, à chacun des trois cas précités. Voilà pourquoi, depuis des semaines, ce n’est qu’armé d’un long crucifix et le cou cerné de gousses d’ail que je m’approche de mon ordinateur dans l’intention d’écrire quelques lignes sur ce disque. Vaines protections contre le Diable de l’indécision !

Bon, disons au moins que de folk, il n’est guère question dans cet album, qui lorgnerait plus volontiers vers une soul à la Average White Band (mais qui se souvient encore de ceux-là ? ) ou si l’on veut plus connu et récent, un mix entre Ray Lamontagne et Stevie Wonder (tempo calme le Stevie Wonder quand même). Une volonté d’ailleurs très appuyée du Suédois, que trahissent les titres Soul Reborn ou Heart and Soul. Paradoxalement, même si Olle Nyman montre des dispositions pour ce genre, c’est encore sur un titre aux arpèges plus classiquement folk qu’il ouvre son album et qu’il est le plus percutant, Don’t Let Those Bastards Reel You In ayant l’étoffe des chansons qui peuvent aisément passer les années. Un grand titre sans conteste. Écoutez tout l’album et voyez quelle mélodie vous restera en tête. Je parierais bien sur celle-là.

L'incontestable belle gueule du néo-folk suédois

Le problème de cet album tient peut être dans cette ouverture si réussie qu’elle met trop haut la barre. Ou alors c’est cette succession de chansons inégales, comme si Olle Nyman avait dû contractuellement poser douze chansons alors qu’il n’en avait que six ou sept dans la guitare. Don’t Let…, déjà évoquée plus haut, Heart and Soul, The Tower, Soul Reborn sont les titres que l’on retiendra, bien plus, à mon sens, qu’un Hard Way To Live trop simple décalque d’un Honky Tonky banal ou Before Too Long

Au bout du compte, le second album du Suédois n’a pas résolu les questions que le premier album et que son apparition scénique au Fargo All Stars posaient : Olle Nyman, incontestable belle gueule de la scène « néo folk », vaut-il plus que les promesses, tout aussi incontestables, qu’il gage par quelques unes de ses chansons, et que les premières parties, nécessairement courtes, auxquelles il semble, sur scène, se cantonner ?

Peut être un début de réponse, début juillet (le 3), où il assurera la première partie (oui encore ! ) de Peter Von Poehl au Centre Culturel Suédois.

Venture – Olle Nyman – Fargo.

Tagué comme: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Thierry The Civil Servant est un des rédacteurs Musique du magazine.
Ecrire à cet auteur | Tous les articles de Thierry The Civil Servant

Laisser une réponse