Mission Florimont de Sacha Danino et Sébastien Azzopardi
Par Delphine Kilhoffer • ven 3 juil 2009 • Categorie: ThéâtreÀ partir du 17 juin 2009

François Ier en a gros sur la patate : son ennemi juré, Charles Quint, a éliminé tous ses agents secrets un à un. Il lui en reste bien un dernier, mais il est tellement mauvais qu’il semble peu probable qu’il arrive à mener à bien la mission permettant la création d’une alliance avec Constantinople – seule chance de sauver le royaume de France. N’ayant pas d’autre choix, il délègue pourtant à Florimont de la Courneuve cette lourde responsabilité : le pas très vaillant chevalier se lance donc dans un périple qui le dépasse totalement…
Mission Florimont joue la carte du décalage, des jeux de mots et de l’anachronisme, dans la pure veine d’un Mel Brooks de la période Sacré Robin des Bois (1993). Un genre ludique qui se base sur un enchaînement incessant de gags et une montée en puissance dans le délire scénique. Dans son style, cette pièce est plutôt bien écrite : même si quelques blagues sont moins percutantes, la plupart font mouche et certaines trouvailles sont même excellentes.

Plusieurs scènes sont particulièrement réussies. Le pape rock’n’roll accompagné de son duo de cardinaux est joyeusement insolent. Les incursions moqueuses dans la comédie musicale sont très bien vues et permettent des ruptures de ton enlevées. Et lorsque Florimont se fait incarcérer, on se régale de la prestation de ses compagnons de cellule, deux « figurants russes » absolument hilarants !
Malgré ces moments qui fonctionnent et une créativité évidente, Mission Florimont n’atteint pas tout son potentiel – l’ensemble reste inégal. La comédie est un genre qui demande un timing serré et un jeu très technique de la part des comédiens. C’est d’autant plus fort ici que les cinq acteurs jouent entre eux pas moins d’une trentaine de rôles : tout doit donc être calculé au millimètre pour éviter les baisses de rythme et créer des personnages crédibles. Or, après une semaine de représentations, on sent encore des flottements, un manque de précision général qui nuit à la pièce. Bref, il faudrait ajouter encore une touche de professionnalisme, comme le montre les trois fous rires incontrôlés des comédiens le soir où nous sommes venus : cela dénote une concentration insuffisante qui n’a pas lieu d’être à ce niveau.

C’est d’autant plus regrettable que la troupe est clairement capable d’une belle prestation. On appréciera la versatilité toujours juste de Guillaume Bouchède et l’incroyable marathon d’Erwan Creignou, capable de jouer une armée entière à lui tout seul !
La Mission Florimont est presque accomplie : encore un petit effort sur la technique de jeu et il y a là tous les éléments pour un spectacle populaire vraiment drôle, ce qui est déjà beaucoup. On ne peut que souhaiter que le temps permette à cette sympathique équipe de régler parfaitement leur jolie machine à rire.
Mission Florimont de Sacha Danino et Sébastien Azzopardi, mise en scène de Sébastien Azzopardi, théâtre Tristan Bernard
Avec : Sébastien Castro, Julie Victor, Guillaume Bouchède, Erwan Creignou, Olivier Soliveres
Crédit photographique : Philippe Jacquin-IODA
Delphine Kilhoffer est la Rédactrice en chef du magazine. Elle est aussi responsable de la rubrique Théâtre, et rédactrice pour cette même rubrique.
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Je trouve que le côté déjanté de vos pièces absolument génial. cela correspond tout à fait au travail que nous essayons de faire dans notre troupe.
Avez-vous écrit d’autres pièces que le tour du monde en 80 jours et mission Florimont ?
Et y en a-t-il une que vous nous laisseriez jouer dans notre village du pied du Jura en Suisse ?
Ou nous en recommanderiez-vous une ?
Je vous remercie de l’attention que vous porterez à ce message.
Surtout bon vent pour votre nouvelle pièce que nous espérons voir un jour en Suisse.
Claire-Lise Cloux
Chère Claire-Lise Cloux,
Nous ne sommes pas les auteurs de cette pièce, nous nous « contentons » d’en parler
Merci pour votre commentaire et votre passage chez nous en tout cas