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The Club de Neil Thompson, le DVD

Par Guilhem Gay • mar 8 sept 2009 • Categorie: Dvd

Sortie le 3 septembre 2009

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The Club (Clubbed) de Neil Thompson1 est tiré de l’histoire vraie de Geoff Thompson2, également scénariste du film, qui avait écrit un récit autobiographique intitulé Watch my back dans lequel il racontait sa vie de videur de boîte de nuit dans l’Angleterre de Margaret Thatcher : des années de changements politiques, économiques et sociaux profonds, des années pleines de tensions, de violences et de protestations.

La pochette du DVD The Club

L’histoire se déroule en Grande-Bretagne, au début des années quatre-vingts. Le chômage atteint des taux records, les villes sont délabrées. Elles respirent la rage et la frustration. Le monde de la nuit et des clubs est encore pire. Dans ce contexte, Danny (Mel Raido), homme de ménage dans une usine, a peur d’affronter la vie. C’est d’ailleurs cela qui a mis un terme à son couple avec Angela (Maxine Peake), avec qui les relations post-mariage sont houleuses. En sus, le temps passé avec ses filles se limite à une heure de temps à autre lors de sortie au parc du coin, ce qui a le don de passivement l’irriter.

Au bord de la dépression nerveuse, après une tentative de suicide et une rixe dans un bar, il tente de réagir. Pour cela, alors qu’il accompagne chaque semaine ses filles à leurs cours de danse, il va faire la rencontre dans un club de boxe de Louis (Colin Salmon), un homme charismatique, imposant et lettré. Ce dernier, voyant ses hésitations, l’amène dans ce club et il va peu à peu sympathiser avec ce groupe, également videurs de boîte de nuit. Louis, Sparky (Scot Williams) et Rob (Shaun Parkes) l’acceptent tout de suite et lui redonnent confiance. Entraîné dans leur univers, il se retrouve lié au parrain du milieu local et plonge alors peu à peu dans un monde violent et dangereux.

The Club s’inscrit dans une certaine tradition des films sociaux anglais, véritable trésor de créativité depuis plus de trente ans, les années Thatcher, par sa politique, faisant surgir et renouveler le genre, symbolisé par Ken Loach3. Mais en sus de cela, l’atmosphère qui se dégage semble inspirée des films de Guy Ritchie4, de Shane Meadow5 et de ceux de Danny Boyle6 et également de l’univers de Fight Club de David Fincher, dont le début n’est pas sans rappeler celui de ce long-métrage, l’esthétique et l’image léchée en moins. En effet, The Club est un polar noir qui traite de sujets toujours brulants d’actualité tels que le chômage, la pauvreté, la drogue, la peur, la lâcheté et la déprime. Ces trois derniers thèmes étant symbolisés par le rôle de Danny, véritable catalyseur de ces sentiments qui le paralysent et l’empêchent d’avancer.

Danny, le personnage principal de The Club

Le casting du film a été particulièrement soigné puisque Neil et Geoff Thomson, ainsi que Martin Carr (le producteur) ont tenu à trouver de véritables « gueules » pour interpréter leurs quatre videurs. Puisque le budget était plus que serré, il ont fait appel à des comédiens issus de la jeune génération, plus ou moins connus du grand public, comme Mel Raido (que l’on a pu voir dans Dérapages et Ô Jérusalem) qui interprète Danny, le héros singulier de cette histoire et loser dépressif, Colin Salmon (Match Point, Resident Evil, Demain ne meurt jamais) ou encore Shaun Parkes (Chronique d’un scandale, Le Retour de la Momie).

Les acteurs sont impeccables. Mel Raido sait tour à tour incarner le type au bord du rouleau et celui qui va commencer à se battre pour regagner l’estime de soi. Sans faire dans la comparaison houleuse, il y aurait un peu du Daniel Day Lewis en lui, la folie et la profondeur abyssale en moins. Colin Salmon est parfait en maître à penser de Danny, incarnant le boxeur calme et tranquille, patron naturel de la petite équipe, qui peut allonger quelqu’un en trois secondes. Ce rôle fait d’ailleurs penser, par son coté zen, à celui de Forest Whitaker dans Ghost Dog, la voie du samouraï7. Une mention spéciale pour Scot Williams8, véritable chien fou dans cette histoire, qui devait incarner le rôle de Danny mais la production l’a jugé plus apte à incarner l’impulsif Sparky le blond aux dents longues.

Comme The Club se déroule dans les années quatre-vingts dans le milieu de la nuit et dans le fameux club, il fallait soigner autant les décors que la bande son, puisque cette dernière est importante pour donner du crédit à l’histoire. Et elle a été soignée, lorgnant entre tubes de l’époque et des titres moins connus, mélangeant les styles comme le ska ou le reggae. Les costumes ont été également un élément prédominant, le look typique de ces années devaient transparaître dans les rôles secondaires et figurants qui constituent la clientèle de l’endroit.

L'intérieur du club, lieu de la nouvelle vie de Danny

Au niveau de la réalisation, si elle est sobre et efficace, elle ne transcende pas plus que cela. En effet, les plans et scènes étant souvent inspirés des films cités plus haut, elle ne brille pas par une originalité démesurée. Le réalisateur se contente de narrer l’histoire sans y apporter un petit plus qui n’aurait pas été négligeable. Il est d’ailleurs plus inspiré par les scènes intérieures de la boîte de nuit puisque ces dernières font penser irrésistiblement à des clips de l’époque. Les mélanges des tons de bleus au niveau de l’image sont assez typiques de ce qui se faisait comme lumière à cette période. Cela donne d’ailleurs un petit côté rétro appréciable, mais qui peut sembler à l’inverse complètement désuet et factice. Les connaisseurs, entendez par là la vieille génération, apprécieront, les plus jeunes peut-être moins.

Côté bonus, l’édition simple du DVD offre Les Coulisses du tournage qui en vingt-quatre minutes nous apprendra beaucoup de choses sur la conception du film, du choix des acteurs aux décors, en passant par celui des morceaux de Paul Heard, qui semble être un artiste très précis et méticuleux quant à la sélection de la bande sonore. Enfin, il est à noter que The Club a été produit par beaucoup d’investisseurs privés, voire des particuliers, ces derniers n’hésitant pas à donner un coup de main lors des différentes étapes de la production. Nous verrons également que les trois chefs d’orchestre du projet, Neil Thompson, Geoff Thompson et Martin Carr sont inséparables et que le film est véritablement une œuvre collective.

Enfin, les scènes coupées n’apporteront rien de plus puisque ce sont souvent de petites saynètes visant à appuyer un propos plutôt que réellement approfondir ce dernier. D’ailleurs, une première ébauche du film avait été présentée au public, qui avait trouvé la phase introductive de celui-ci trop longue. Ces scènes en sont donc l’illustration.

The Club est donc une œuvre intéressante par son ambiance et son aspect dramatique plus que par son histoire. En effet, l’aspect thriller est assez banal et n’est pas véritablement transcendant. Par contre, l’aspect dramatique, appuyé par les très bons Mel Raido et Colin Salmon vient donner du fond à cette histoire virile et brutale par moment9 où les peurs quotidiennes sont bien illustrées.

The Club (Clubbed), un film de Neil Thompson, scénario de Geoff Thompson, photographie de Kate Stark, musique de Paul Heard.
Avec Colin Salmon (Louis), Mel Raido (Danny), Shaun Parkes (Rob), Scot Williams (Sparky), Maxine Peake (Angela).
Grande-Bretagne, 95 min, couleurs, anglais Dolby Digital 2.0, français Dolby Digital 2.0, français Dolby Digital 5.1, anglais Dolby Digital 5.1 ; format vidéo 16/9 compatible 4/3, format cinéma respecté 1.78, format DVD-9
Sous-Titre : français
Édité par M6 vidéo
Distribué par Aventi
Crédit photographique : M6 Vidéo

  1. Réalisateur de plus de deux cents films publicitaires et clips, ainsi que quelques films pour la télévision. The Club est son premier long-métrage au cinéma. []
  2. Il n’existe aucun lien de parenté entre Neil et Geoff. []
  3. On pourrait penser ici, à titre de comparaison, à My Name is Joe. []
  4. Notamment dans ses premiers films : Arnaques, crimes et botanique, Snatch mais également dans son dernier RocknRolla. []
  5. Notamment dans Dead Man’s Shoes et This is England. []
  6. Surtout pour l’univers de Trainspotting et un peu pour le personnage incarné par Ewan McGregor dans Une vie moins ordinaire. []
  7. De l’excellent Jim Jarmush. []
  8. L’acteur s’est plus illustré dans des séries que dans des films depuis le début de sa carrière. []
  9. Les passages avec Hennessy, le chef de la mafia locale, interprété par Ronnie Fox, sont d’ailleurs souvent cruelles. []
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Guilhem Gay est un des rédacteurs DVD du magazine.
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