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Crepapelle ou comment mourir de rire de Maria Cassi – Une Italienne à Paris

Par Delphine Kilhoffer • ven 2 oct 2009 • Categorie: Théâtre

Jusqu’au 17 octobre 2009

Appréciation de Delphine niveau 1

En italien, Crepapelle veut dire « rire tellement fort que votre peau finit par craquer », explique Maria Cassi. C’est clair, l’auteur-interprète de ce one-woman-show cherche donc sérieusement à nous amuser. Pour ce faire, elle nous raconte ses tribulations de Florentine tombée amoureuse de Paris, ses immeubles haussmanniens, sa foule et ses serveurs de café.

Le français de Maria Cassi est quelque peu approximatif, mais cela n’a guère d’importance, car c’est du côté du burlesque qu’elle a été emprunter pour créer son personnage. En la regardant s’agiter, rouler des yeux, tordre son visage comme si elle sortait tout droit d’un dessin animé de Tex Avery, il est évident que ce sont des maîtres tels que Charlie Chaplin et Buster Keaton qui l’ont inspirée.

Maria Cassi - Crepapelle

C’est d’ailleurs dans les moments où Cassi joue à fond la carte de ses étonnantes capacités physiques que Crepapelle fonctionne le mieux. Par exemple, la scène où, à force de se gaver de pâtisseries françaises, elle se retrouve incapable de remettre sa langue pendante dans sa bouche emporte les éclats de rire de la salle. Mais tenir ce genre de performance comique seule en scène pendant une heure et demie est quasi impossible et, malgré tout son indéniable talent, la comédienne n’arrive pas à éviter l’écueil de la longueur.

Le spectacle est non seulement basé sur la prestation physique de Cassi, mais aussi sur le comique de répétition, ce qui nécessite un savant dosage pour ne pas provoquer l’indigestion. La première fois que l’actrice compare une même situation à Paris et à Florence – un accident sans gravité de bus ou une tasse cassée dans un café… –, c’est très amusant (et plutôt flatteur pour le public parisien) : d’un côté le souci des apparences des Français qui les amène à vouloir rester dignes en toutes circonstances, de l’autre l’exubérance volcanique des Italiens. Par contre, à partir de la troisième occurrence, aucun nouvel élément n’étant introduit, le procédé devient un peu trop prévisible.

Pour éviter l’essoufflement de la formule, il aurait été préférable de faire plus court ou peut-être, toujours en s’inspirant de Chaplin et Keaton, mêler aux pitreries de l’émotion, une profondeur qui rendrait ce personnage de Florentine gaffeuse plus attachante. Le tout formerait un écrin plus subtil et plus juste pour la formidable présence scénique de Maria Cassi.

Crepapelle ou comment mourir de rire, écrit et mis en scène par Maria Cassi, théâtre du Rond-Point
Avec : Maria Cassi

Crédit photographique : Alessandro Chichi

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Delphine Kilhoffer est la Rédactrice en chef du magazine. Elle est aussi responsable de la rubrique Théâtre, et rédactrice pour cette même rubrique.
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