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Festival d’Île-de-France : Nina Hagen en clôture, hélas

Par Thierry The Civil Servant • jeu 15 oct 2009 • Categorie: Musique

Festival d’Île-de-France : Nina Hagen à La Cigale, le dimanche 11 octobre 2009

Appréciation de Thierry niveau 0

Soyons honnêtes avant de débuter cet article.

Je n’ai jamais beaucoup aimé Nina Hagen, son baroque punk de bazar et ses vocalises de Castafiore sous amphét’ sur fond de rythmiques reggae, son inutile version punk de My Way venant bien après celle de Vicious. Mais là n’est pas le problème. Trente années ont passé depuis. L’ancienne Allemande de l’Est a chanté depuis des mantras indiens, fait des enfants, vécu une vie multiple, dont on était en droit de penser qu’elle ne pouvait qu’enrichir son approche initiale du rock. Mais hélas…

Soirée de gala pour cette clôture du Festival d’Île-de-France avec une Cigale bourrée comme un Polonais quand il retête au goulot après un trop long sevrage. Du beau monde. On annonçait même le président de région, mais je ne l’ai pas aperçu (il est vrai que la foule était dense). En revanche, à deux pas de moi, une présentatrice télé en pleine ascension semblait prendre, tout comme son compagnon d’ailleurs, un grand pied devant le spectacle de Nina Hagen.

Ouais la photo est mauvaise ça donne une idée du concert

Je dirais qu’elle a bien eu de la chance cette gloire montante du petit écran. Ou fait preuve d’une sacrée capacité de créativité intellectuelle, pour trouver un quelconque intérêt à ce brouillon mal dessiné de spectacle pseudo rock, quand en fait il ne s’est agi, la majeure partie du temps, que d’une compilation de titres nouveaux qui ne déparieraient pas un top 50 texan ou ohiesque (enfin de l’Ohio, veux-je dire) de variété rock FM. Le tout porté par une rythmique qui n’a jamais cherché à faire dans la dentelle. Pas le genre il est vrai.

On a sans doute atteint le pire lorsque Nina Hagen et son groupe se targuèrent de faire quelques reprises. Un massacre m’a-t-il semblé d’un titre de Faithfull, mais comme à ce moment-là j’étais sorti fumer une clope tellement je fatiguais, je ne serai pas pleinement affirmatif. Et un assassinat de River Man (au point qu’il m’a fallu réécouter l’original pour m’assurer que c’est bien cette chanson que Nina Hagen avait glapi, en arrivant à jouer quand même UN accord sur sa guitare). On passera sur l’hommage putassier au Che (avec reprise du Commandante – ma voisine journaliste dressant le poing serré et criant «No pasaran» – mais ils passent madame, ils passent, et tous les jours même, et votre société n’y est pas tout à fait étrangère – ), prurit néo révolutionnaire pour adolescente en mal de rupture familiale, enchaîné, moment amusant, avec une chanson « prière » sur les 20 ans de la chute du Mur, en un hommage à ceux qui se libérèrent enfin d’un joug communiste mortifère (qu’entre parenthèses les proches amis du Che avaient fortement contribué à serrer).

En fait, il y eut deux bons moments dans cette palinodie. Le premier et le dernier titre. Deux blues. Où la diva cessa de jouer et se contenta de chanter. Et le fit bien, sa voix rauque se mariant alors avec un calme étrange aux volutes et effluves bluesy. Faudrait peut-être qu’elle fasse ça Nina Hagen. Du blues. Dans un claque berlinois ou un tripot maltais… qu’importe. Mais loin de Paris, de La Cigale et du festival d’Île-de-France.

À la sortie, chaque détail compte quand même vous le savez1, au milieu des quelques punks outrageusement maquillés et déguisés2, un des fans de la diva punk avait un tee-shirt Kiss. C’était peut-être (sans doute ?) involontaire, mais il avait tout compris celui-là.

Nina Hagen à La Cigale, dans le cadre du Festival d’Île-de-France

  1. Enfin sauf quand on aime U2 évidemment. []
  2. Ils étaient de sortie que voulez-vous, aussi à l’aise dans leurs défroques, qu’ils imaginent vintage, qu’un ouvrier tourneur qui s’oblige à la cravate pour aller à la fête patronale annuelle. []
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Thierry The Civil Servant est un des rédacteurs Musique du magazine.
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15 Réponses »

  1. merci pour ce compte rendu instructif, et plein d’humour qui me fait oublier mes quelques regrets de ne pas y avoir été!

  2. Nina hagen à bien changé outre sa voie qui nest plus la et sa conversation au catholiscisme , elle ne fait citer jésus , nina nest plus que l’ombre d’elle méme , elle essais encore d’étre punk , mais malheureusement le spectacle de la cigale pour celui comme moi qui la suit depuis 20 ans est une sorte de show ggrotesque loin de l ‘underground de ces début passons sur les massacres des chansons , mais je l ai trouvé un peu trsite derriére sa bouille de clown punk

  3. MERCI! c’est exactement ce que j’ai ressenti hier soir à la fiesta des suds de marseille, et pourtant j’ai été une grande fan de cette diva punk…

  4. Que dire après cet article larmoyant et dégoulinant de méchancetés. Pourquoi ne pas dire que t’aimes pas Nina Hagen et c’est bon. Tu te tires! Mais pour nous bassiner avec tes réflexions à deux balles d’ un soit disant élitisme parisien. Faut qu’elle revienne ne serait ce que pour emmerder des gens comme toi!

  5. Moi aussi je suis triste.
    Triste de voir a quel point vous avez tous peu d’humanité… vous vous accrochez au passé et aimeriez pouvoir appuyer sur PLAY pour avoir ce que vous voulez, en oubliant completement qu’en face de vous, vous avez des êtres humains. Qui changent qui évoluent, tout comme vous. Regardez vous dans un miroir et comparez ce que vous voyez avec vos photos du passé… vous aussi avez changé!
    J’y étais moi aussi, et j’étais contente de retrouver une personne que j’aime…

  6. Ah oui, et pour ceux qui veulent un avis différent de ce ramassis…
    Voilà un résumé plus proche de ce à quoi j’ai assisté ce soir là à la Cigale :

    http://ziknation.com/live-report-nina-hagen-a-la-cigale-11102009

  7. Ah, ah ah. Ben au moins les avis sont partagés.

    Merci à ceux qui disent merci, ou qui veulent bien me faire la gentillesse de voir de l’humour dans ces lignes.

    Heu, si le t shirt de Kiss est effectivement le t shirt de Kiss je comprends qu’il ait aimé. Qu’il sache lire un article est une toute autre question. Et Myself est heureux car il a trouvé un site où l’on était de son avis. Avec j’imagine un article souriant et dégoulinant de gentillesse. Voilà qui est bien. Car face au ramassis, on sent bien que son avis est d’importance.

  8. oh le joli rire tout jaune !! Tu prends plaisir à nous regarder de haut dirait-on. Mais qui es-tu? un sommelier sans palais?
    Nina est comme un bon vin, 30 ans après le Rockpalace, quel nectar !!! Tu as un problème avec ça? mais lave-toi donc les oreilles !!! et surtout cesse d’être prétentieux, il n’y a pas de honte à ne pas comprendre un artiste. En fait, tu ne sais pas où la cataloguer la Nina, alors ça te dérange, n’est-ce pas? La démarche de cette artiste dépasse de très loin les concepts à cinq sous que sont les styles musicaux. Nina est bien plus que du punk et surtout son parcours, loin des majors, est unique, propre à elle-même, inutile d’aller chercher des références ici où là, Nina est unique. Alors sans se fâcher pour si peu (oui toi), je préfère passer mon chemin, le nez au vent, à la recherche de beaux parfums de liberté et d’idéaux.

  9. The Civil Servant a en effet ici un avis très tranché, et je vous rappelle qu’il n’y a à cela rien d’étonnant puisque c’est le principe même de notre magazine que de publier des critiques, et la critique est comme chacun sait un exercice subjectif. Merci donc de ne pas verser dans l’injure si vous souhaitez que vos commentaires ne soient pas modérés. Je vous renvoie pour cela à notre Charte utilisateur.

  10. TROP bon ..enfin du spectacle ….une chanteuse sur une nappe et l’avé maria en couverture bisounours m^me fellini n’aurai pas osé..et puis Nina nous a déja tant apporté ..autant lui rendre hommage..YA

  11. Oh, il n’y a pas mort d’homme, Marie. C’est le jeu, sinon il ne faut surtout pas écrire. A fortiori sur Internet.
    Rastarakette passe son chemin le nez au vent, en me traitant de peu : gageons qu’il trouvera les beaux parfums de liberté et d’idéaux qu’il cherche dans le premier drugstore ouvert. Il semble en avoir la hauteur.

  12. En fait mon commentaire ne s’adressait pas spécialement à Rastarakette, il était plus global. Et loin de moi l’idée de te défendre, je sais que tu ne te vexerais pas pour si peu :-)

  13. ça fait déjà longtemps que mèmère Hagen ne vit plus que sur son aura ! Aura qu’elle s’efforce d’ailleurs d’entretenir à l’étranger, car en Allemagne, la plupart des gens la voient telle qu’elle est : une vieille ringarde, acariâtre, bigote et intolérante, qui s’est bien grillé les neurones et la voix…

  14. Ouch !
    Au désespoir de ceux qui sont venus conchier mon article, je m’aperçois qu’il y en a en de bien plus cruels à l’égard de Nina Hagen !

  15. en reponse a civil servant. je suis fan de nina hagen depuis mon enfance! vous auriez pu choisir une photo plus valorisante de nina pour votre tribune! je ne partage pas votre point de vue mais merci a vous de l’avoir èmis!