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Fast & Furious 4 de Justin Lin, le Blu-ray

Par Fabrice De Martino • mar 10 nov 2009 • Categorie: Blu-ray

Sortie le 1er octobre 2009

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Certaines franchises hollywoodiennes au succès très relatif1 se voient dotées d’une longévité excessive, jusqu’à plus soif. Les Freddy, Vendredi 13, Rocky (dont la moitié des épisodes sont des bijous, l’autre moitié des produits bien plus discutables) ou autres Saw se multiplient au-delà de l’épuisement et de l’assèchement total, alors même que l’essouflement se faisait ressentir dès la première ou la deuxième suite.

Appartenant clairement à cette frange sur-exploitatrice du cinéma, la franchise Fast & Furious (qui ne remonte pas au premier film réalisé par Rob Cohen en 2001, celui-ci étant un remake du film homonyme produit par Roger Corman en 1955) en est à son quatrième rejeton, annoncé comme providentiel puisqu’il signe le retour des quatre acteurs principaux du film de Rob Cohen, après deux suites peu reluisantes. Le rappel des vieux de la vieille signifie-t-il un retour aux origines fructueux et salvateur ?

Fast & Furious 4 de Justin Lin

Fast & Furious 4 s’adresse-t-il aux fans de la première heure ou aux nouveaux arrivés qui prennent la série en cours de route ? A en croire les propos de ses auteurs glanés dans les bonus du Blu-ray, ceux-ci ont penché pour la première réponse, car les novices ne trouveront que peu de repères et d’explications concernant cette vieille histoire de trahison entre hommes carburant à la testostérone. Mais face au film lui-même, la seconde réponse semble être l’idée privilégiée, voire la seule idée. Reposant sur une histoire de vengeance, Fast & Furious 4 n’hésite pas à exclure dès ses quinze premières minutes un des quatre vétérans du premier film. La volonté et le courage de Justin Lin et de son scénariste Chris Morgan sont à la fois honorables et condamnables : une perte aussi importante et tragique, narrativement très risquée, appuie la soif de justice des personnages, leur psychologie et leur évolution depuis les événements du premier film ; mais là où on nous promettait un retour en grande pompe des quatre grandes figures de la série, l’un d’eux est éjecté dès le départ avec aussi peu de gêne que pour un faire-valoir insignifiant.

Pire encore, l’histoire de vengeance qui découle de cette disparition se montre totalement banale dans sa construction comme dans son application, les personnages, censés être à cran et prêts à tout, n’outrepassant leurs droits et leurs limites à aucun moment. Personne n’a dit à Lin et Morgan de regarder Man On Fire de Tony Scott, Death Sentence de James Wan ou la série Le Justicier dans la ville de Michael Winner avec Charles Bronson, pour comprendre ce qu’est un bon, un vrai, un grand film de vengeance ?

Fast & Furious 4 de Justin Lin

Difficile alors de se consoler avec les grosses voitures et les belles pépées, marque de fabrique de la série, les unes étant réduites au strict minimum, et les autres se révélant pour ainsi dire absentes. Pour ajouter de l’eau à notre moulin, là où le braquage d’introduction, trépidant et soigné, promettait une mise en scène efficace et rigoureuse, Lin filme la suite comme n’importe quel jeune réalisateur américain, convaincu de livrer un film spectaculaire et époustouflant au moyen de procédés aussi absurdes qu’une musique assourdissante, des chansons commerciales, des travellings à tout-va et un montage ultra-cut, illisible et risible. Les trois scènes de courses qui émaillent sporadiquement Fast & Furious 4 tombent ainsi à plat, la première étant difficilement compréhensible et les deux autres visuellement pitoyables, dans des tunnels montagneux étroits où les bolides ne font pas grand-chose, à part se coller au pare-chocs.

Scénario famélique avec twist volant à peine plus haut que celui maladroit de Batman Begins, personnages fantomatiques, acteurs distants, mise en scène allant crescendo dans l’hystérie, tout contribue à faire de Fast & Furious 4 un film peu passionnant ni impressionnant, pas aussi catastrophique que les deuxième et troisième volets mais à peine du niveau du premier, celui-ci n’étant déjà pas une œuvre impérissable. Doit-on trembler d’horreur à l’idée d’un Fast & Furious 5 ? Quand on sait ce que pourrait faire Roger Corman de cette saga, avec le dixième du budget alloué à chaque épisode, mais qu’il n’y a aucune chance pour qu’Universal confie les rênes de la série au célèbre producteur-réalisateur des années 50, on peut trembler.

Fast & Furious 4 de Justin Lin

Sorti il y a tout juste sept mois en salles, Fast & Furious 4 bénéficie évidemment d’un transfert ébahissant en Blu-ray, doté d’un encodage VC-1 quasi irréprochable, à quelques défauts de compression près, lors des scènes de nuit. La définition ne cesse de stupéfier, les couleurs brillent de mille feux et les contrastes font preuve d’un équilibre remarquable. Un disque de démonstration à n’en pas douter, pour lustrer son diffuseur HD et sa carrosserie rutilante.

Allant de concert avec l’image, les pistes DTS s’emparent de chacune des enceintes avec une puissance, une dynamique et un rendu des dialogues et des rugissements de moteur imparables et tétanisants. Les effets surround en deviennent saisissants et les basses se montrent tonitruantes. Des qualités bien sûr appuyées en VO, encodée en HD Master Audio, mais toutefois présentes sur la VF en « simple » DTS.

Fast & Furious 4 de Justin Lin

Soignée mais assez oubliable, l’interactivité de ce Blu-ray a le mérite de présenter tous ses bonus en Full HD et parfois 5.1, mais se contente d’aborder des sujets peu intéressants de façon superficielle. Une piste d’infos incrustée au film nous en apprend plus sur les voitures mises en scène, dont six sont disponibles dans la section Virtual Garage. Là, un modèle 3D de la voiture est visible sous tous les angles, accompagné d’une poignée d’informations techniques.

Le commentaire audio de Justin Lin se montre honnête et classique, avec les habituels détails techniques, anecdotes et propos sur la narration et les personnages, replacés dans le contexte de la série. Plus original, le commentaire vidéo Take Control de Lin et Paul Walker permet au réalisateur et à son acteur de nous révéler en personne les secrets de fabrication de certaines scènes. Visible en fenêtre incrustée à côté des intervenants, le film est régulièrement mis en pause ou ralenti pour appuyer les propos de Lin et Walker, avec en prime des storyboards, des images de tournage et des prévisualisations apparaissant par moments dans une autre fenêtre. Un bonus si intéressant qu’on aurait aimé le voir appliqué au film entier.

Fast & Furious 4 de Justin Lin

Autre supplément prometteur de cette édition, le court-métrage Los Bandoleros, écrit, réalisé et interprété par Vin Diesel et faisant le lien entre les films précédents et ce quatrième volet, est une baudruche de grande envergure, d’un ennui et d’une inutilité d’autant plus profonds que le film dure vingt longues et pénibles minutes. Le bêtisier, quant à lui assez court (5 mn) et parfois plutôt drôle, ne marquera cependant pas les esprits. Vient alors une série de featurettes, relativement intéressantes mais trop courtes, qui auraient gagné à être réunies dans un making-of d’ensemble. Under The Hood : Muscle Cars (7 mn) et Under The Hood : Imports (5 mn) se penchent sur les voitures de courses ou importées de Fast & Furious 4, choisies en tant que personnification de leur chauffeur jusque dans leur équipement et leur tuning.

Getting The Gang Back Together (10 mn) s’attarde sur le retour des quatre acteurs principaux de Fast & Furious, interviewés avec le reste de l’équipe qui affirme être réjoui de retrouver toute la petite bande du premier film, alors qu’on cherche la moindre trace de Rob Cohen. Driving School with Vin Diesel (4 mn) montre la formation de l’acteur à la conduite musclée, tandis que Shooting The Big Rig Heist (10 mn) détaille le tournage de l’introduction, avec toutes les cascades humaines, automobiles et pyrotechniques qu’elle implique. Races and Chases (11 mn) récapitule plus qu’il ne dissèque les rares scènes de course du film, et aurait très bien pu inclure, afin de constituer un ensemble, la featurette suivante, High Octane Action : The Stunts (11 mn), qui s’intéresse aux cascades automobiles du final et aux explosions de voitures.

Fast & Furious 4 de Justin Lin

South of the Border : Filming in Mexico (3 mn) est consacré au tournage des dernières séquences du film au Mexique, Lin et son équipe faisant part de leur intention de représenter le pays de façon réaliste, mais aucun détail ni image de tournage ne nous est montré, simplement Vin Diesel signant des autographes pour des foules d’ados mexicains, déchaînés par la présence de la star. Fast & Furious Video Mash-Up est une option interactive permettant de faire son propre mini-montage d’extraits du film, en y insérant une musique de son choix dans la bande-son du film. Enfin, la chanson du générique de début, Blanco par Pitbull featuring Pharrell, bénéficie d’un clip (4 mn), qui clôt cet ensemble de bonus très légers avec les bandes-annonces des quatre films de la série (la première en définition standard, les trois suivantes en HD et 5.1).

Fast & Furious 4 (Fast & Furious), de Justin Lin, scénario de Chris Morgan
Avec : Vin Diesel (Dominic Toretto), Paul Walker (Brian O’Conner), Jordana Brewster (Mia Toretto), Michelle Rodriguez (Letty), John Ortiz (Campos), Laz Alonso (Fenix Rise), Gal Gadot (Gisele Harabo)
Photographie : Amir M. Mokri
Musique : Brian Tyler
USA, 2009, 107 mn
1 Blu-ray ; format 2.35 CinemaScope respecté, résolution 1080-24p ; VO 5.1 DTS HD Master Audio, VF, italienne, espagnole et allemande en DTS 5.1 ; Sous-titres français, anglais, italiens, espagnols, allemands…
Crédit photographique : Universal

  1. Un film est considéré comme un succès lorsqu’il rentre dans ses frais ; or, un film à petit budget, une catégorie trop souvent synonyme d’œuvre conçue et tournée à la va-vite, sera rentable au bout de quelques millions de dollars de recettes, soit une broutille à l’échelle américaine. []
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Fabrice De Martino est un des rédacteurs DVD & Blu-Ray du magazine.
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