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	<title>Culturofil</title>
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	<description>Le Fil Culturel en Ligne</description>
	<pubDate>Fri, 03 Jul 2009 05:00:40 +0000</pubDate>
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		<title>Mission Florimont de Sacha Danino et Sébastien Azzopardi</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Jul 2009 05:00:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Delphine Kilhoffer</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>

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		<description><![CDATA[<blockquote><p>À partir du 17 juin 2009</p></blockquote>
<p></p><p class='Grimaces'><img src='http://culturofil.net/wp-content/plugins/LesGrimaces//Image_delphine_1.jpg' alt='Appr&#233;ciation de Delphine niveau 1' /></p>

<p>François I<sup>er</sup> en a gros sur la patate : son ennemi juré, Charles Quint, a éliminé tous ses agents secrets un à un. Il lui en reste bien un dernier, mais il est tellement mauvais qu’il&#8230;</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>À partir du 17 juin 2009</p></blockquote>
<p><p class='Grimaces'><img src='http://culturofil.net/wp-content/plugins/LesGrimaces//Image_delphine_1.jpg' alt='Appr&eacute;ciation de Delphine niveau 1' ></p>
</p>
<p>François I<sup>er</sup> en a gros sur la patate : son ennemi juré, Charles Quint, a éliminé tous ses agents secrets un à un. Il lui en reste bien un dernier, mais il est tellement mauvais qu’il semble peu probable qu’il arrive à mener à bien la mission permettant la création d’une alliance avec Constantinople – seule chance de sauver le royaume de France. N’ayant pas d’autre choix, il délègue pourtant à Florimont de la Courneuve cette lourde responsabilité : le pas très vaillant chevalier se lance donc dans un périple qui le dépasse totalement…</p>
<p><strong><em>Mission Florimont</em></strong> joue la carte du décalage, des jeux de mots et de l’anachronisme, dans la pure veine d’un Mel Brooks de la période <em>Sacré Robin des Bois</em> (1993). Un genre ludique qui se base sur un enchaînement incessant de gags et une montée en puissance dans le délire scénique. Dans son style, cette pièce est plutôt bien écrite : même si quelques blagues sont moins percutantes, la plupart font mouche et certaines trouvailles sont même excellentes.</p>
<div align="center"><img src="/images/delphine/2009/06/mission_florimont/florimont_affiche.jpg" alt="Mission Florimont - affiche" /></div>
<p>Plusieurs scènes sont particulièrement réussies. Le pape rock’n’roll accompagné de son duo de cardinaux est joyeusement insolent. Les incursions moqueuses dans la comédie musicale sont très bien vues et permettent des ruptures de ton enlevées. Et lorsque Florimont se fait incarcérer, on se régale de la prestation de ses compagnons de cellule, deux « figurants russes » absolument hilarants !</p>
<p>Malgré ces moments qui fonctionnent et une créativité évidente, <strong><em>Mission Florimont</em></strong> n’atteint pas tout son potentiel – l’ensemble reste inégal. La comédie est un genre qui demande un <em>timing</em> serré et un jeu très technique de la part des comédiens. C’est d’autant plus fort ici que les cinq acteurs jouent entre eux pas moins d’une trentaine de rôles : tout doit donc être calculé au millimètre pour éviter les baisses de rythme et créer des personnages crédibles. Or, après une semaine de représentations, on sent encore des flottements, un manque de précision général qui nuit à la pièce. Bref, il faudrait ajouter encore une touche de professionnalisme, comme le montre les trois fous rires incontrôlés des comédiens le soir où nous sommes venus : cela dénote une concentration insuffisante qui n’a pas lieu d’être à ce niveau.</p>
<div align="center"><img src="/images/delphine/2009/06/mission_florimont/florimont.jpg" alt="la fine équipe" /></div>
<p>C’est d’autant plus regrettable que la troupe est clairement capable d’une belle prestation. On appréciera la versatilité toujours juste de Guillaume Bouchède et l’incroyable marathon d’Erwan Creignou, capable de jouer une armée entière à lui tout seul !</p>
<p>La <strong><em>Mission Florimont</em></strong> est presque accomplie : encore un petit effort sur la technique de jeu et il y a là tous les éléments pour un spectacle populaire vraiment drôle, ce qui est déjà beaucoup. On ne peut que souhaiter que le temps permette à cette sympathique équipe de régler parfaitement leur jolie machine à rire.</p>
<p><strong><em>Mission Florimont</em></strong> de Sacha Danino et Sébastien Azzopardi, mise en scène de Sébastien Azzopardi, théâtre Tristan Bernard<br />
Avec : Sébastien Castro, Julie Victor, Guillaume Bouchède, Erwan Creignou, Olivier Soliveres<br />
Crédit photographique : Philippe Jacquin-IODA</p>
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		<title>Jad Wio - De la Batcave à la Maison des métallos</title>
		<link>http://culturofil.net/2009/07/02/jad-wio-la-ballade-jad-wiolenski/</link>
		<comments>http://culturofil.net/2009/07/02/jad-wio-la-ballade-jad-wiolenski/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 02 Jul 2009 05:00:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thomas Sinaeve</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

		<category><![CDATA[Bertrand Burgalat]]></category>

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		<description><![CDATA[<p></p><p class='Grimaces'><img src='http://culturofil.net/wp-content/plugins/LesGrimaces//Image_thom_2.jpg' alt='Appr&#233;ciation de Thom niveau 2' /></p>

<p>Certains groupes très (trop) populaires éprouvent le besoin exacerbé de suraffirmer leur longévité en multipliant les best-of, compilations prétendument événementielles et autres projets sangsues n&#8217;ayant d&#8217;autre but que de vider les portefeuilles de fans trop souvent consentants. D&#8217;autres, plus confidentiels&#8230;</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><p class='Grimaces'><img src='http://culturofil.net/wp-content/plugins/LesGrimaces//Image_thom_2.jpg' alt='Appr&eacute;ciation de Thom niveau 2' ></p>
</p>
<p>Certains groupes très (trop) populaires éprouvent le besoin exacerbé de suraffirmer leur longévité en multipliant les best-of, compilations prétendument événementielles et autres projets sangsues n&#8217;ayant d&#8217;autre but que de vider les portefeuilles de fans trop souvent consentants. D&#8217;autres, plus confidentiels mais bien plus passionnants, multiplient outre les albums de grande classe les initiatives originales&#8230; ainsi Jad Wio, à l&#8217;affiche deux jours de suite (aujourd&#8217;hui et demain) d&#8217;une exposition récapitulative, <em>La Ballade de Jad Wiolenski</em><sup>1</sup> – comme de juste accompagnée d&#8217;une paire de concerts qui promettent de changer <a href="http://www.maisondesmetallos.org/" title="Site">la Maison des métallos</a> en fournaise.</p>
<p><a href="http://www.jadwio.com" title="Site officiel (en français)">Jad Wio</a> ?</p>
<div align="center"><img src="/images/thom/2009/07/jadwio/balladedejadwiolenski.jpg" alt="Affiche de l'expo La Ballade de Jad Wiolenski" /></div>
<p>Oui lecteur : Jad Wio. Groupe sensationnel s&#8217;il en est, incontournable du rock français trop souvent contourné, hydre à deux têtes – celles de Denis Bortek et de Christophe K&#8217;Bye – et rare collectif national à pouvoir prétendre au statut très prisé de « groupe culte »<sup>2</sup> – comprendre par-là : adulé par les uns, respecté par les autres. De par leur longévité et leur goût du risque, ces deux-là font en effet partie de ces artistes qu&#8217;on peut éventuellement s&#8217;autoriser à ne pas aimer – jamais à mépriser. C&#8217;est que Bortek a fait montre depuis longtemps de son audace et de sa classe, qu&#8217;il s&#8217;agisse de narrer avec malice les aventures d&#8217;Ophélie la zoophile, ou de consacrer un concept-album<sup>3</sup> à celle d&#8217;un beatnik de l&#8217;espace (et il en fallait, de la classe et du talent, pour raconter une histoire pareille sans avoir l&#8217;air bébête).</p>
<p>C&#8217;est que, bien plus pop que ne le pensent tous ceux qui en ont entendu parler sans jamais l&#8217;avoir écouté, Jad Wio doit avant tout son (relatif) anonymat à son goût pour le souffre et les sujets qui fâchent. Le groupe caresse rarement l&#8217;auditeur dans le sens du poil et les textes, quoique très au-dessus de ce qui se publie de nos jours en matière de musique francophone, laissent généralement assez peu de doutes sur leurs intentions. Charmante ironie : Marilyn Manson et Eminem peuvent balancer autant de « <em>fuck</em> » et autres « <em>bitch</em> » qu&#8217;ils le veulent sur les ondes FM de notre beau pays, mais on n&#8217;est pas près d&#8217;entendre <em>Les habitudes n&#8217;existent pas</em> (pourtant très supérieure textuellement<sup>4</sup> parlant) sur les ondes de Virgin Machin et de Radio Télévision Bidule&#8230; peu importe que cette chanson, à l&#8217;image de l&#8217;ensemble du récent <em>Sex Magik : Histoire de Lilith Von Sirius</em>, soit un de ces tubes en puissance comme Jad Wio en tricote à intervalles irréguliers depuis ses somptueux débuts discographiques au milieu des années 80.</p>
<div align="center"><img src="/images/thom/2009/07/jadwio/sexmagik.jpg" alt="Pochette de l'album Sex Magik" /></div>
<p>Ses débuts, justement, sont peut-être aussi plus ou moins à la source du malentendu. Dans un pays où les étiquettes collent plus vite et plus longtemps qu&#8217;un chewing-gum sous une chaussure un soir de canicule, il fait rarement bon être inclassable et Jad Wio, qui n&#8217;a pas publié deux albums identiques, en a assurément fait les frais. Car le sais-tu, lecteur ? Lorsque les médias et autres supermarchés du disque ne savent pas classer quelque chose, ils ont une fâcheuse tendance à l&#8217;occulter. On se gargarise à longueur d&#8217;année, en matière de musique rock, de soi-disant innovation, de nouveauté, on fustige des groupes ne se renouvelant pas assez à notre goût&#8230; mais les artistes caméléons s&#8217;ils ne s&#8217;appellent pas David Bowie ont rarement bonne presse et la plupart du temps, la grande majorité des auditeurs préfère le confort d&#8217;albums faciles à catégoriser – qui dans pop, qui dans rock&#8230; etc. Jad Wio n&#8217;est ni pop ni « chanson française », pas plus qu&#8217;il n&#8217;est post-punk ni électro. Ou plutôt il fut tout cela tour à tour. L&#8217;est encore par bien des aspects. A excellé dans toutes ces catégories tout en refusant farouchement de se laisser enfermer dans l&#8217;une ou l&#8217;autre. Une seule règle : rester fidèle à l&#8217;esthétique glam, car dans le fond Jad Wio a toujours été au moins autant une question d&#8217;esthétique que de musique. </p>
<p>Son premier opus (<em>Cellar Dreams</em><sup>5</sup>), tient sans rougir la dragée haute au meilleur post-punk anglo-saxon de l&#8217;époque, rageur et racé comme du The Fall. <em>Contact</em><sup>6</sup> a un peu vieilli, mais sa new-wave ne manque pas de charme. <em>Fleur de metal</em><sup>7</sup> est une merveille de pop psychédélique bénéficiant de la production remarquable d&#8217;un <a href="http://www.myspace.com/burgalat" title="Myspace de Bertrand Burgalat (titres en écoute)">Bertand Burgalat</a> alors encore débutant – autant dire qu&#8217;il n&#8217;a pas pris une ride. Quant à <em><a href="http://legolb.over-blog.com/article-4155495.html" title="Voir par ailleurs">Monstre-toi</a></em>, réalisé sans K&#8217;Bye en 1995, c&#8217;est tout simplement un chef-d&#8217;œuvre, d&#8217;une richesse rarement égalée en matière de rock hexagonal.</p>
<p>Depuis sa résurrection au milieu des années 2000, Jad Wio n&#8217;a publié que deux albums (l&#8217;inégal <em>Nu-Clé-Air-Pop</em> en 2005 et le somptueux <em>Sex Magik</em> – peut-être son meilleur – il y a un an et demi), mais fondamentalement son éthique n&#8217;a pas changée d&#8217;un iota. Comme si sa démarche artistique secrète était de continuellement adapter le glam-rock aux standards de l&#8217;époque, de se réinventer à chaque nouveau chapitre. Toujours pareil, sans cesse différent. Initialement, Jad Wio se nommait Wiolenski et était le personnage d&#8217;un roman de Bortek. On ne l&#8217;a bien entendu jamais lu, mais on imagine volontiers son héros métamorphe et androgyne, probablement damné et pourquoi pas condamné à revivre éternellement la même histoire avec une apparence différente. L&#8217;idée est à travailler. Il est assez étonnant de noter qu&#8217;en vingt-sept ans, Bortek nous a raconté bien des histoires&#8230; mais jamais celle de son double scénique au pseudonyme énigmatique et un peu effrayant. Il n&#8217;est pas exclu qu&#8217;il nous en livre quelques bribes ce soir, à la Maison des métallos. Auquel cas, si le cœur vous en dit et si vous ne craignez pas trop de vous mêler à un lancinant <em>Bal des fantômes</em>, vous voici armés pour découvrir un groupe à nul autre pareil.</p>
<p>Jad Wio, en concert ce soir et demain, 20h30, à la Maison des métallos, dans le cadre de l&#8217;exposition <em>La Ballade Jad Wiolenski</em> (à partir de 19H00 ce soir, 14h00 demain après-midi)<br />
Réservations : <a href="mailto:reservation@maisondesmetallos.org">reservation@maisondesmetallos.org</a><br />
Toujours dans les bacs : <em>Sex Magik, Histoire de Lilith Von Sirius</em>, édité chez <a href="http://www.discograph.com" title="Site officiel">Discograph</a>.<br />
Crédit photo : Mehdy Boussaid &amp; Jad Wio.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2031" class="footnote">Sous-titrée non sans humour : <em>Une histoire secrète du rock&#8217;n'roll mondial</em></li><li id="footnote_1_2031" class="footnote">Enfin&#8230; tout dépend où l&#8217;on place le curseur du « culte », le rock n&#8217;ayant jamais beaucoup intéressé la France on pourrait tout aussi bien considérer que tous les groupes français sont cultes&#8230;</li><li id="footnote_2_2031" class="footnote">Généralement synonyme rappelons-le de « guillemets français », même – surtout – lorsqu&#8217;il raconte des histoires de martiens montant un groupe de rock&#8230; <a href="http://culturofil.net/2007/10/04/buddha-of-suburbia-la-renaissance-de-david-bowie/" title="Article du camarade Labosonic sur David Bowie">suivez mon regard</a>.</li><li id="footnote_3_2031" class="footnote">J&#8217;ai bien écrit « textuellement », bandes de fripons qui savez déjà que cet album est une simili-biographie de l&#8217;artiste extrême et icône SM Diana Orlow&#8230; mais sexuellement aussi, bien sûr !</li><li id="footnote_4_2031" class="footnote">En 1986 – en fait une compilation de 45 tours.</li><li id="footnote_5_2031" class="footnote">Le second, en 1989.</li><li id="footnote_6_2031" class="footnote">1992 : le fameux album au beatnik sidéral.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Les Vacances de Monsieur Hulot de Jacques Tati</title>
		<link>http://culturofil.net/2009/07/01/les-vacances-de-monsieur-hulot-de-jacques-tati/</link>
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		<pubDate>Wed, 01 Jul 2009 19:00:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Eva Markovits</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[<blockquote><p>Sortie originale en 1953. Reprise le 1er juillet 2009
</p></blockquote>
<p></p><p class='Grimaces'><img src='http://culturofil.net/wp-content/plugins/LesGrimaces//Image_eva_2.jpg' alt='Appr&#233;ciation de Eva niveau 2' /></p>

<p>Une <a href="http://culturofil.net/2009/06/24/2019/" title="Exposition Jacques Tati à la Cinémathèque française">exposition Jacques Tati à la Cinémathèque française</a> sans les films de Jacques Tati serait comme&#8230; comme&#8230; un film sans bande-annonce ! Une rétrospective intégrale de ses films a donc lieu à&#8230;</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Sortie originale en 1953. Reprise le 1er juillet 2009
</p></blockquote>
<p><p class='Grimaces'><img src='http://culturofil.net/wp-content/plugins/LesGrimaces//Image_eva_2.jpg' alt='Appr&eacute;ciation de Eva niveau 2' ></p>
</p>
<p>Une <a href="http://culturofil.net/2009/06/24/2019/" title="Exposition Jacques Tati à la Cinémathèque française">exposition Jacques Tati à la Cinémathèque française</a> sans les films de Jacques Tati serait comme&#8230; comme&#8230; un film sans bande-annonce ! Une rétrospective intégrale de ses films a donc lieu à <a href="http://www.cinematheque.fr/" title="Cinémathèque française">la Cinémathèque française</a> qui s&#8217;est véritablement transformée en temple voué à Saint-Jacques (Tati) avec avatars et statues qui inspireraient presque des dévotions ! Et comme lors de toutes les grandes rétrospectives de ce lieu sacro-saint, les petites salles d&#8217;art et essai ressortent trois, quatre grands classiques du réalisateur à l&#8217;honneur. Ainsi, les principaux films de Jacques Tati, à savoir <em>Mon Oncle</em>, <em>Jour de fête</em>, <em>Playtime</em> et <em><strong><a href="http://www.tativille.com/" title="Site officiel Jacques Tati">Les Vacances de Monsieur Hulot</a></strong></em> ressortent en ce moment dans diverses salles en France. A défaut de pouvoir tous les chroniquer, j&#8217;ai tiré à la courte paille et c&#8217;est <em><strong>Les Vacances de Monsieur Hulot</strong></em> qui en est sorti vainqueur. Ça tombe bien, il s&#8217;agit de mon préféré. Donc, vous l&#8217;aurez compris, ma critique sera dithyrambique ou ne sera pas.</p>
<div align="center"><img src="/images/eva/2009/07/les vacances/mansarde.jpg" alt="Monsieur Hulot" /></div>
<p>Il s&#8217;agit de la première apparition du personnage de Monsieur Hulot, interprété par Tati lui-même, jeune homme dégingandé aux attributs incontournables que sont son chapeau, son pantalon trop court, ses chaussettes rayées et sa pipe. On ne sait rien de lui, à part son nom et qu&#8217;il a décidé de prendre des vacances. Se mêlant aux estivants de l&#8217;Hôtel de la plage de Saint-Marc-sur-Mer, Monsieur Hulot bouleverse la monotonie du repos recherché par ses camarades vacanciers encore trop citadins. Il tombe notamment sous le charme d&#8217;une jolie blonde, attirée par la charmante maladresse de cette grande perche qui essaye de l&#8217;impressionner en cavalier adroit qui ne parvient pas même à enfourcher son âne. Les séquences se succèdent les unes après les autres en commençant par l&#8217;arrivée de Monsieur Hulot, et ne font que s&#8217;amplifier pour terminer en un véritable feu d&#8217;artifice qui parachève la fin des vacances et son départ, regretté par certains. Mais Monsieur Hulot est foncièrement un marginal qui ne parvient pas à se faire une place dans une société bien rangée où les gens ne savent plus être en vacances. </p>
<p>Comme tous les films comiques, <em><strong>Les Vacances</strong></em> fonctionnent sur le mode du gag ; mais un gag non pas continuel et frénétique mais construit et travaillé. À l&#8217;inverse de ses confrères, le comique de Tati est toujours vraisemblable, ancré dans la réalité, et dépend exclusivement du jeu des acteurs. Une précision et une fluidité de l&#8217;action caractérisent chaque plan où plusieurs actions simultanées ont lieu en même temps, compliquant la tâche du spectateur qui doit être très actif pour survivre ! Tati a à peine recours à la parole, à l&#8217;instar de ses prédécesseurs et influences principales que sont Buster Keaton ou Charlie Chaplin mais il n&#8217;en est pas moins un vrai comique du parlant. La bande-son de ses films est un élément primordial et celle des <em><strong>Vacances</strong></em> a été maintes fois retravaillée, même des années après la sortie du film. Un seul son peut être à l&#8217;origine d&#8217;un gag ; travail entamé dès la première séquence du film, absolument hilarante, où un groupe de vacanciers va d&#8217;un quai à un autre en suivant les instructions incompréhensibles d&#8217;un haut-parleur de gare. Une porte qui grince peut être un personnage à part entière, un leitmotiv sonore qui rythme le film et dont l&#8217;effet, toujours à point nommé, est intarissable. Ou encore sa vieille Salmson pétaradante. </p>
<div align="center"><img src="/images/eva/2009/07/les vacances/Salmson.jpg" alt="La Salmson de Monsieur Hulot" /></div>
<p>La musique légère et entraînante accompagne un spectateur ébloui par la maîtrise aussi bien scénique que cinématographique. Un merveilleux noir et blanc revêt ces plans superbement construits, remis en valeur par la belle restauration qui a été faite et qui intègre les plans que Tati a tournés dans les années 70 après avoir vu <em>Les Dents de la mer</em> de Steven Spielberg&#8230;</p>
<p>Tati était plus que tâtillon – surnom qu&#8217;on lui donnait. Il l&#8217;était maladivement. Trait de caractère qui l&#8217;a conduit à de grandes catastrophes comme le projet trop ambitieux que fut <em>Playtime</em> mais qui l&#8217;a poussé à forger l&#8217;œuvre quasi parfaite qu&#8217;est <em><strong>Les Vacances</strong></em>. Critique dithyrambique bel et bien confirmée et justifiée par ces propos d&#8217;André Bazin<sup>1</sup>, qui ne le sont pas moins : <em>« </em><em><strong>Les Vacances de Monsieur Hulot</strong></em> est l&#8217;oeuvre comique la plus importante du cinéma mondial depuis les Marx Brothers<sup>2</sup> et W.C. Fields.<sup>3</sup> » </p>
<div align="center"><img src="/images/eva/2009/07/les vacances/gag.jpg" alt="gag" /></div>
<p><em><strong>Les Vacances de Monsieur Hulot</strong></em>, un film de Jacques Tati, scénario de Jacques Tati et Henri Marquet<br />
Avec : Jacques Tati (Monsieur Hulot), Nathalie Pascaud (Martine), Michèle Rolla (la tante), Valentine Camax (L&#8217;anglaise)<br />
Photographie : Jacques Mercanton et Jean Mousselle<br />
Durée : 83 minutes<br />
Musique : Alain Romans<br />
Crédit photographique : <a href="http://www.carlottafilms.com/pre_accueil.html">Carlotta Films</a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2034" class="footnote">André Bazin est un critique de cinéma français et un des fondateurs de la revue Les Cahiers du cinéma en 1951.</li><li id="footnote_1_2034" class="footnote">Les Marx Brothers sont des comédiens américains qui ont fait des films à Hollywood, notamment <em>La Soupe aux canards</em> réalisé par Leo McCarey</li><li id="footnote_2_2034" class="footnote">W.C. Fields est un jongleur, humoriste de vaudeville, scénariste et acteur américain.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Whatever Works de Woody Allen</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jul 2009 12:00:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Remi Prin</dc:creator>
		
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			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Sortie le 1er juillet 2009</p></blockquote>
<p>Face à la nouvelle livraison annuelle de l&#8217;ami Woody (<em>Vicky Christina Barcelona </em>est sorti il y a moins d&#8217;un an !) on peut rapidement faire un constat plus ou moins amer : si <strong><em>Whatever Works</em></strong> semble en effet marquer la naissance d&#8217;une nouvelle période dans la filmographie du réalisateur, force est de constater que cette nouvelle tendance n&#8217;aura rien de très originale pour ses fans inconditionnels. Dès lors, un petit retour en arrière s&#8217;impose pour tâcher de comprendre pourquoi <strong><em>Whatever Works</em> </strong> apparaît comme un film douloureusement anecdotique. </p>
<div align="center"><img src="/images/remi/2009/07/whatever_works/whatever01def.jpg" alt="Larry David dans Whatever Works de Woody Allen" /></div>
<p>Woody Allen a commencé sa carrière avec une série de petits films hilarants (<em>Bananas</em>, <em>Prends l&#8217;oseille et tire-toi</em>, etc&#8230;) dans lesquels c&#8217;est bien le comique plus que le cinéaste que l&#8217;on découvrait. </p>
<p>Il faudra attendre les années 80 pour voir réellement le cinéaste éclore avec une période beaucoup plus sombre ponctuée par quelques chefs-d&#8217;oeuvres parmi lesquelles <em>Intérieurs</em>, <em>Une autre femme</em>, <em>September</em> ou encore <em>Hannah et ses soeurs</em>&#8230; Woody Allen s&#8217;abstient de plus en plus de faire le comédien dans ses films et cherche plutôt à s&#8217;inscrire dans l&#8217;héritage des Ingmar Bergman et autre John Cassavetes pour trouver son propre style. </p>
<p>Plus légères, les années 90 permettent à Woody Allen d&#8217;explorer plusieurs genres : le polar avec <em>Meurtre mystérieux à Manhattan</em>, le film noir avec <em>Coups de feu sur Broadway</em>, la comédie musicale avec <em>Tout le monde dit I love you</em>, et même le (faux) <em>biopic</em> avec <em>Accords et Désaccords</em>.</p>
<p>C&#8217;est avec le nouveau millénaire qu&#8217;une nouvelle période commence pour Woody qui effectue alors un retour aux sources avec une série de pures et simples comédies sur lesquelles tout repose sur sa performance d&#8217;acteur comique. Mais le timide succès public et critique de <em>Escrocs mais pas trop </em>, <em>Le Sortilège du Scorpion de Jade</em> et <em>Hollywood Ending </em> vont alors frapper de plein fouet non pas le cinéaste, mais l&#8217;acteur. </p>
<p>Dans une sorte d&#8217;autocritique paranoïaque, l&#8217;acteur va alors progressivement disparaître de ses films. Ce sera d&#8217;abord le touchant <em>Anything Else</em>, film aux allures de testament, dans lequel avec le jeune Jason Biggs (fraîchement sorti des <em>American Pie</em>) Woody Allen revisitait la figure du maître et de l&#8217;élève à travers un délirant rite de transmission. </p>
<p>Puis ce fut le totalement oublié <em>Melinda et Melinda</em>, dans lequel Woody Allen, bien décidé à ne rester que derrière la caméra, donnait clairement au comédien Will Ferrell un personnage écrit pour lui-même. Est-ce que <em>Melinda et Melinda</em> aurait eu un destin plus glorieux avec Woody Allen dans le premier rôle, la question reste posée et ne peut que revenir sur le tapis aujourd&#8217;hui avec <strong><em>Whatever Works</em></strong>. </p>
<div align="center"><img src="/images/remi/2009/07/whatever_works/whatever02def.jpg" alt="Evan Rachel Wood et Larry David dans Whatever Works de Woody Allen" /></div>
<p>En effet, après un rôle assez effacé dans le gentil <em>Scoop</em> et deux films plus sombres et inattendus de sa part à Londres (<em>Match Point </em>et <em>Le Rêve de Cassandre</em>), Woody Allen réalise de nouveau une comédie au sein de laquelle, à travers la présence du sympathique Larry David dans le rôle principal, c&#8217;est l&#8217;absence de Woody Allen qui saute aux yeux. Comme pour Will Ferrell dans <em>Melinda et Melinda</em>, on regarde alors avec un malaise effroyable Larry David se débattre pendant une heure et demi dans une imitation assez vaine du personnage misanthrope, hypocondriaque et dépressif que Woody Allen aurait merveilleusement interprété. </p>
<p>Il est d&#8217;ailleurs très étrange de voir que malgré son indéniable valeur comique, on ne rit que très peu durant <strong><em>Whatever Works </em></strong> tant le film parait annoncer la disparition du comédien/cinéaste remplacé ici par un double que les fans inconditionnels de Woody ne pourront voir que comme l&#8217;usurpateur à abattre. Nous sommes donc bel et bien face à une comédie involontairement funèbre. Funèbre non pas à cause de ses allures de film testament (le personnage principal s&#8217;adresse directement à nous spectateurs à plusieurs reprises, jusqu&#8217;à un monologue de fin qui résonne bel et bien comme un adieu), mais parce que Woody Allen semble avoir dirigé son film comme s&#8217;il était déjà mort.</p>
<p>À ce titre, le film déçoit également esthétiquement. Qu&#8217;on se souvienne des magnifiques photographies de Vilmos Zsigmond, Remi Adefarasin, Wedigo von Schultzendorff ou encore Fei Zhao dans les derniers Woody Allen pour ne pas comprendre l&#8217;esthétique assez mal fichue du directeur de la photographie Harris Savides dans <strong><em>Whatever Works</em></strong>. Quand on sait que Woody Allen a travaillé à plusieurs reprises avec Sven Nykvist, sûrement l&#8217;un des plus grands directeurs de la photographie de toute l&#8217;histoire du cinéma, il y a de quoi se poser des questions.</p>
<div align="center"><img src="/images/remi/2009/07/whatever_works/whatever03def.jpg" alt="Larry David dans Whatever Works de Woody Allen" /></div>
<p>Ainsi, si <strong><em>Whatever Works</em></strong> a tendance à ressembler parfois à la copie d&#8217;un Woody Allen, peut-être est-ce dû au fait que ce projet est issu d&#8217;un scénario de jeunesse. Cela expliquerait beaucoup de choses. On sait que le réalisateur n&#8217;a jamais aimé laisser ses projets de films prendre la poussière dans des tiroirs et qu&#8217;il procède méthodiquement à leur réalisation. De là à dire que, par la force des choses, il en réalise certains sans passion, il n&#8217;y a qu&#8217;un pas. Parions que <strong><em>Whatever Works</em></strong> en fait partie. Car si on retrouve son style dans les dialogues et les situations, force est de constater que ce style paraît bien plus laborieux et qu&#8217;après des films comme <em>Annie Hall</em>, <em>Manhattan</em> ou <em>Maudite Aphrodite</em>, l&#8217;histoire de ce vieux physicien cynique tombant amoureux d&#8217;une jeune nymphette fait pâle figure et sent la redite à plein nez. </p>
<p>Ainsi, tel le Beaujolais nouveau, le Woody Allen millésime 2009 déçoit, mais permet de perpétuer ce rendez-vous annuel et tout de même savoureux avec un cinéaste qu&#8217;on ne peut s&#8217;empêcher de retrouver toujours avec plaisir. Bien sûr, l&#8217;originalité de ses films est de moins en moins palpable, mais comme le dit le personnage principal de ce film : <em>Wathever works !</em> , tant que ça marche !</p>
<p><strong><em>Whatever Works</em></strong> de Woody Allen, scénario de Woody Allen.<br />
Avec : Larry David (Boris), Evan Rachel Wood (Melody), Ed Begley Jr. (John), Patricia Clarkson (Marietta), Conleth Hill (Leo Brockman) et Michael McKean (Joe)<br />
Photographie : Harris Savides<br />
Durée : 92 minutes<br />
Crédit photographique : Wild Bunch</p>
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		<title>Le Hérisson de Mona Achache</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Jul 2009 05:00:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Remi Prin</dc:creator>
		
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			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Sortie le 3 juillet 2009</p></blockquote>
<p>Après <em>Anges et Démons</em> et <em>Millenium</em>, il était inévitable que le monde du cinéma français fasse à son tour les yeux doux à son phénomène littéraire national. Heureusement pour nous, malgré ses un million cent soixante mille exemplaires vendus, le succès romanesque qui donne lieu aujourd&#8217;hui à une adaptation cinématographique n&#8217;est ni un Marc Levy, ni un Guillaume Musso. <em>L&#8217;Élégance du hérisson</em> de Muriel Barbery est un très bon roman, ce qui donnait dès lors à cette adaptation des avantages certains.</p>
<p>Deuxième bonne nouvelle, la réalisation a été confiée à une toute jeune cinéaste de 27 ans, Mona Achache, dont c&#8217;est le premier long-métrage. Lorsque l&#8217;on sait que Nicole Garcia était en lice pour obtenir les droits, on est heureux de savoir qu&#8217;enfin ces <em>best-seller</em> peuvent ne pas être confiés qu&#8217;à des réalisateurs-stars. Savoir enfin que Muriel Barbery n&#8217;a pas laissé son roman entre les mains du très intéressé mais peu intéressant Jean-Pierre Jeunet nous permet de pousser un soupir de soulagement. En effet, à l&#8217;heure où les premières images de son nouveau film, <em>Micmacs à tire-larigot</em>, plus écoeurantes que jamais avec ses réétalonnages fluos entre vert chewing-gum et jaune urine, commencent à circuler sur internet, on se dit que, tout de même, il y a une justice dans l&#8217;esthétique et dans le bon goût.<br />
Ainsi, c&#8217;était plein d&#8217;empathie qu&#8217;on allait voir ce <strong><em>Hérisson</em></strong> librement inspiré du roman de Muriel Barbery. Qu&#8217;en reste-t-il à la sortie ?</p>
<div align="center"><img src="/images/remi/2009/07/le_herisson/leherisson02def.jpg" alt="Josiane Balasko dans Le Hérisson de Mona Achache" /></div>
<p>Il faut avant tout rappeler la difficulté qu&#8217;il y avait à tirer une adaptation intéressante et cinématographique de ce roman qui s&#8217;articulait sur le croisement de deux journaux intimes. Celui de Madame Michel (ici Josiane Balasko, un choix sans surprise, mais loin d&#8217;être décevant), concierge au 7, rue de Grenelle, et de Paloma Josse (Garance Le Guillermic, très belle révélation du film), une enfant surdouée de 9 ans habitant le même immeuble, qui a pris la décision de se suicider dans quelques mois après avoir mis le feu à l&#8217;appartement bourgeois de ses parents.<br />
Comment rendre visuelle deux monologues intérieurs et donc deux personnalités d&#8217;écriture, deux points de vue d&#8217;auteurs ? </p>
<p>Dans le roman, Barbery allait même jusqu&#8217;à adopter, certes un peu facilement, deux polices d&#8217;écriture différentes pour passer d&#8217;un personnage à l&#8217;autre. Ici, plutôt que de se creuser la tête, Mona Achache à préférer adapter le roman au medium utilisé, à savoir le cinéma. Exit donc le journal intime, Paloma Josse sera perpétuellement entichée de la vieille caméra de son père pour réaliser son journal intime. De Paul Léautaud<sup>1</sup>, on est passé à Jonas Mekas<sup>2</sup>, de Julien Green<sup>3</sup> à Joseph Morder<sup>4</sup>.<br />
C&#8217;est la première déception du film qui, de ce fait, perd le sujet majeur du livre de Barbery, c&#8217;est-à-dire l&#8217;écriture, la littérature, la question du style littéraire, sans pour autant développer celui qu&#8217;elle s&#8217;invente, c&#8217;est-à-dire, le cinéma.</p>
<div align="center"><img src="/images/remi/2009/07/le_herisson/leherisson01def.JPG" alt="Garance Le Guillermic dans Le Hérisson de Mona Achache" /></div>
<p>Manifestement bien plus intéressée par les personnages du roman que par ce qu&#8217;ils produisent, Mona Achache perd rapidement la question du point de vue qui était essentielle chez Barbéry et uniformise la totalité de son film d&#8217;un regard objectif et omniscient. Si dans le roman le style et la police d&#8217;écriture nous permettaient de passer d&#8217;un univers à l&#8217;autre, le film ne cherche jamais à différencier visuellement ou esthétiquement ses deux personnages. Dès lors, là où la rencontre entre Paloma et Madame Michel aurait du se révéler comme la collision entre deux fortes personnalités, celle de deux solitudes aussi différentes que semblables reliées par le seul amour de la culture, Mona Achache semble impatiente que la rencontre se produise pour se livrer au récit, traité un peu naïvement, de l&#8217;amitié entre la jeune suicidaire et la concierge misanthrope.</p>
<p>De même, les rôles secondaires qui peuplent l&#8217;immeuble de Madame Michel et de Paloma Josse n&#8217;étaient vus qu&#8217;à travers le regard de l&#8217;une et de l&#8217;autre ce qui en faisait des personnages de second plan au sens esthétique du terme. À ce titre, on peut s&#8217;interroger sur le changement de titre (de <em>L&#8217;Élégance du hérisson </em>on est passé au <strong><em>Hérisson</em></strong>) ainsi que sur le <em>Librement inspiré du roman de Muriel Barbery</em> que proclame l&#8217;affiche. En effet, au niveau des actes et des faits, le film s&#8217;avère être d&#8217;une fidélité absolu, mais c&#8217;est tout le discours de Barbery sur la destination de la culture et la lutte des classes qui passe à la trappe.<br />
Ne reste plus que la jolie histoire d&#8217;amitié, certes très touchante, entre les deux personnages principaux. C&#8217;est hélas un peu maigre. </p>
<div align="center"><img src="/images/remi/2009/07/le_herisson/leherisson03def.jpg" alt="Josiane Balasko dans Le Hérisson de Mona Achache" /></div>
<p>C&#8217;est avec l&#8217;arrivée du mystérieux M. Ozu (Togo Igawa, en prince charmant clinquant) que le film s&#8217;enfonce de plus en plus loin dans ce qui semble être un déni de toute la réflexion sur la place de la culture développée par Barbery dans son roman. Comme pour le début du film, ce qui semble démanger Mona Achache, c&#8217;est de raconter le très beau conte de fée dans lequel le beau japonais tombe amoureux de la vieille concierge. Pour Josiane Balasko une sorte de «<em>Trop beau pour toi </em>» bis bien plus convenu (on s&#8217;en doute) que le film de Bertrand Blier !</p>
<p>Évidemment, on ne peut pas non plus nier son plaisir. <strong><em>Le Hérisson</em></strong> remplit son cahier des charges jusqu&#8217;à la fin, émouvant sans jamais tomber dans le pathos. C&#8217;est plutôt bien filmé et esthétiquement sans fioritures et certains passages demeurent savoureux, comme cette scène où Madame Michel se retrouve confronter chez M. Ozu aux toilettes à la japonaise avec <em>Requiem</em> de Mozart et jets d&#8217;eau multiples à la clef, ou à ces petites séquences d&#8217;animations qui donnent du charme à cette histoire.<br />
Notons aussi une distribution efficace avec des seconds rôles qui, de Ariane Ascaride à Wladimir Yordanoff en passant par Anne Brochet en mère névrosée, font mouche.</p>
<div align="center"><img src="/images/remi/2009/07/le_herisson/leherisson04def.jpg" alt="Josiane Balasko et Togo Igawa dans Le Hérisson de Mona Achache" /></div>
<p>Au final, pour les lecteurs du roman, il sera difficile de ne pas être critique par rapport à toute la réflexion passionnante brassée dans le roman de Barbery et qui semble ici avoir été assez scandaleusement ignorée. Certes, l&#8217;aspect parfois élitiste du livre a pu paraître difficile à exploiter au cinéma, mais il n&#8217;empêche qu&#8217;un honnête divertissement comme le film de Mona Achache aurait indéniablement gagné à exploiter certains des aspects culturels du roman. On pense notamment aux <em>Mouvements du monde </em>que la petite Paloma cherche à saisir et à capter à tout prix avant de se donner la mort, et même à toute la réflexion sur la phénoménologie que Madame Michel, sous la plume de Barbery, parvenait à argumenter avec un discours pédagogique d&#8217;une étonnante clarté. Karl Marx, Edmund Husserl, Emmanuel Kant et tout les autres philosophes et auteurs convoqués dans ce livre n&#8217;auraient-ils pas mérité la place simple et jamais démonstrative que Barbery leur laisse dans son livre ? Une des raisons qui font de ce joli petit film un divertissement certes honnête, mais jamais vraiment intéressant.</p>
<p><strong><em>Le Hérisson</em></strong>, mise en scène de Mona Achache, librement inspiré de <em>L&#8217;Élégance du hérisson</em> de Muriel Barbery (Editions Gallimard)<br />
Avec : Josiane Balasko (Renée Michel), Garance Le Guillermic (Paloma Josse), Togo Igawa (Kakuro Ozu), Anne Brochet (Solange Josse), Ariane Ascaride (Manuela Lopez) et Wladimir Yordanoff (Paul Josse)<br />
Photographie : Patrick Blossier<br />
Musique : Gabriel Yared<br />
Durée : 100 minutes<br />
Crédit photographique : <a>Pathé Distribution</a>.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2020" class="footnote">Écrivain français célèbre pour avoir rédigé un vaste journal intime de plusieurs volumes.</li><li id="footnote_1_2020" class="footnote">Réalisateur ayant popularisé le journal filmé.</li><li id="footnote_2_2020" class="footnote">Écrivain qui rédigea aussi un journal en 18 tomes entre 1926 et 1998.</li><li id="footnote_3_2020" class="footnote">Cinéaste. Le 30 octobre 1967, il débute son <em>Journal</em> filmé qu’il poursuit aujourd’hui.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;Homme aux mille visages de Joseph Pevney, le DVD</title>
		<link>http://culturofil.net/2009/06/30/lhomme-aux-mille-visages-de-joseph-pevney/</link>
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		<pubDate>Tue, 30 Jun 2009 17:00:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Willy Gilboire</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[<blockquote><p>Sorti le 24 juin 2009</p></blockquote>
<p></p><p class='Grimaces'><img src='http://culturofil.net/wp-content/plugins/LesGrimaces//Image_willy_3.jpg' alt='Appr&#233;ciation de Willy niveau 3' /></p>

<p>La vie tourmentée de Lon Chaney, expert de la transformation et du maquillage, qui lui valut d&#8217;être surnommé « l&#8217;homme aux mille visages ». Né de parents sourds-muets, Chaney est passé maître dans l&#8217;art de la&#8230;</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Sorti le 24 juin 2009</p></blockquote>
<p><p class='Grimaces'><img src='http://culturofil.net/wp-content/plugins/LesGrimaces//Image_willy_3.jpg' alt='Appr&eacute;ciation de Willy niveau 3' ></p>
</p>
<p>La vie tourmentée de Lon Chaney, expert de la transformation et du maquillage, qui lui valut d&#8217;être surnommé « l&#8217;homme aux mille visages ». Né de parents sourds-muets, Chaney est passé maître dans l&#8217;art de la pantomime. Après des débuts difficiles et la naissance d&#8217;un fils qu&#8217;il croit atteint du même handicap que ses parents, il est employé par les studios Universal qui lui offrent plusieurs rôles déterminants&#8230;</p>
<div align="center"><img src="/images/willy/2009/06/homme_1000_visages/mythes_cinema.jpg" alt="Mythes du cinéma" /></div>
<p>Dans la passionnante préface (11 mn) de ce <em>biopic</em><sup>1</sup> de Joseph Pevney<sup>2</sup>, interprété par l&#8217;impressionnant James Cagney<sup>3</sup>, Christian Viviani met en exergue les aspects tout à fait exceptionnels du destin de l&#8217;acteur Lon Chaney (1883 - 1930). Maître de la pantomime<sup>4</sup>, de par son expérience difficile avec des parents sourds-muets, Lon Chaney s&#8217;était très vite retrouvé dans le monde du music hall pour travailler comme chanteur et danseur. Après un mariage malheureux, un fils qu&#8217;il lui avait fallu nourrir, l&#8217;artiste se tourna, non sans difficultés, vers Hollywood pour apparaître tout d&#8217;abord comme figurant puis pour jouer dans de nombreux films de <em>slapstick</em><sup>5</sup>. </p>
<p>De ces passages déjà très riches de la vie de Lon Chaney, ce film passionnant de Joseph Pevney en tire l&#8217;essentiel, parfois brièvement (son adolescence difficile), sous un angle volontiers mélodramatique (la mise sous tutelle de son fils Creighton) et romancé (son amour platonique pour Hazel). Mais c&#8217;est au moment où Lon Chaney refait sa vie à Hollywood, que le film de Joseph Pevney prend véritablement de l&#8217;ampleur et une toute nouvelle dimension. En filmant le contre-champ d&#8217;une scène célèbre de <em>The Miracle Man</em>, un film de George Loane Tucker (1921), James Cagney se transforme au propre comme au figuré en dévoilant toute la maestria de son jeu d&#8217;acteur. </p>
<div align="center"><img src="/images/willy/2009/06/homme_1000_visages/préparatifs.jpg" alt="Préparatifs" /></div>
<p>Belle idée que de prendre un mythe du cinéma pour en incarner un autre. Pour faire revivre l&#8217;artiste Lon Chaney, l&#8217;acteur James Cagney livre ainsi une interprétation aussi incroyable qu&#8217;inoubliable en multipliant travestissements et maquillages. S&#8217;élevant à la hauteur du jeu d&#8217;acteur bâti par son modèle, il parvient surtout à distiller ce pourquoi Lon Chaney avait bâti tout son succès dans le cinéma muet, à savoir cette capacité saisissante et bien à lui d&#8217;exprimer des émotions sous des apparences des plus étranges (Quasimodo) et parfois hideuses (le fantôme de l&#8217;opéra).  </p>
<p>Magnétique, James Cagney donne également la réplique à un autre mythe dans <strong><em>L&#8217;Homme aux mille visages</em></strong>, une étoile toute aussi fulgurante du cinéma, dont le rôle fut déterminant dans toute la carrière de Lon Chaney durant les années 20. Incarné par Robert Evans, Irving Thalberg, le juvénile et puissant <em>Wonder Boy</em> du studio Universal, intervient ainsi à des moments clés du film et de la vie de l&#8217;acteur. En mettant ainsi l&#8217;accent sur l&#8217;intersection de deux destins exceptionnels à hollywood, Joseph Pevney nourrit amoureusement la légende et entretien la mythologie du cinéma dans des scènes ô combien émouvantes et vibrantes.</p>
<div align="center"><img src="/images/willy/2009/06/homme_1000_visages/fantome_opera.jpg" alt="Le Fantôme de l'opéra" /></div>
<p>Ironie du destin, Lon Chaney contracte un cancer des cordes vocales à l&#8217;aube du cinéma parlant. Grande figure du muet, père du maquillage au cinéma, il s&#8217;éteindra avec ce monde de poésie en laissant toutefois un héritier (Lon Chaney Jr.) qui s&#8217;illustrera plus tard dans <em>Le Loup garou</em> (<em>The Wolf Man</em>) de George Waggner en 1941.<br />
Avec ce DVD, <strong><em>L&#8217;Homme aux mille visages</em></strong> semble avoir été miraculeusement épargné par le temps. Superbe, comme neuve, l&#8217;image est le fruit d&#8217;une impeccable restauration par l&#8217;éditeur Carlotta Films. Rien à redire également sur le son puisque aucun parasite ne viendra gâcher le spectacle de ce film émouvant et superbe de Joseph Pevney.</p>
<div align="center"><img src="/images/willy/2009/06/homme_1000_visages/visuel_dvd_aplat.jpg" alt="Visuel du DVD L'Homme aux mille visages de Joseph Pevney" /></div>
<div align="center"></div>
<p><strong><em>L&#8217;Homme aux mille visages</em></strong> (<em>Man Of A Thousand Faces</em>), réalisation de Joseph Pevney, Scénario de R. Wright Campbell, Ivan Goff &amp; Ben Roberts d&#8217;après une histoire de Ralph Wheelwrights, Photographie de Russell Metty, Musique de Frank Skinner<br />
Avec : James Cagney (Lon Chaney), Dorothy Malone (Cleva Creighton Chaney), Jane Greer (Hazel Bennet Chaney) et Robert Evans (Irving Thalberg)<br />
États-Unis, 1957, 117 mn, Noir &amp; Blanc, nouveau master restauré, format 2.35 - 16/9 comp 4/3, versions originale et française, sous-titrées en français. Édité par Carlotta Films<br />
Édition DVD + fourreau testée sur Samsung HT-A100 et Samsung Full HD LE40F71B<br />
Crédit photographique : <a href="http://www.carlottafilms.com/" Title="Site officiel de l'éditeur">Carlotta Films</a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2025" class="footnote">Terme utilisé pour désigner les films biographiques américains.</li><li id="footnote_1_2025" class="footnote">Réalisateur du très classique film de guerre <em><a href="http://culturofil.net/2009/02/17/away-all-boats-de-joseph-pevney/" Title="Away All Boats dans Culturofil">Away All Boats</a></em>.</li><li id="footnote_2_2025" class="footnote">James Cagney, alors en fin de carrière, fait un mémorable <em>come-back</em> avec ce film.</li><li id="footnote_3_2025" class="footnote">L&#8217;art de l&#8217;expression gestuelle, sans parole.</li><li id="footnote_4_2025" class="footnote">Une des formes du cinéma burlesque américain.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Filatures de Yau Nai Hoi, le DVD</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Jun 2009 15:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guilhem Gay</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[<blockquote><p>Sortie le 4 juin 2009</p></blockquote>
<p></p><p class='Grimaces'><img src='http://culturofil.net/wp-content/plugins/LesGrimaces//Image_guilhem_1.jpg' alt='Image_guilhem_1' /></p>

<p>Une branche secrète de la police de Hong Kong mène des filatures sophistiquées. Une jeune recrue Piggy (Kate Tsui), engagée par le capitaine Huang, vient juste de rejoindre l&#8217;unité de surveillance de la police hongkongaise. Épaulée&#8230;</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Sortie le 4 juin 2009</p></blockquote>
<p><p class='Grimaces'><img src='http://culturofil.net/wp-content/plugins/LesGrimaces//Image_guilhem_1.jpg' alt='Image_guilhem_1' ></p>
</p>
<p>Une branche secrète de la police de Hong Kong mène des filatures sophistiquées. Une jeune recrue Piggy (Kate Tsui), engagée par le capitaine Huang, vient juste de rejoindre l&#8217;unité de surveillance de la police hongkongaise. Épaulée par Matt, son supérieur (Simon Yam), elle se retrouve sur une affaire concernant un gang de braqueurs dirigé par un individu mystérieux (Tony Leung). Mais le cerveau du gang devine le danger et disparaît. Piggy est assignée à une nouvelle affaire. Alors qu&#8217;elle est en pleine filature, sa route croise celle du cerveau. S&#8217;ensuit ainsi un chassé-croisé dangereux entre Piggy, Matt et le chef énigmatique du gang dans les rues de Hong Kong.</p>
<div align="center"><img src="/images/guilhem/2009/06/filatures/filatures1.jpg" alt="filatures1" /></div>
<p><em><strong>Filatures</strong></em> (<em>Eyes in the Sky</em>) est le premier film de Yau Nai Hoi, scénariste attitré depuis 1993 de Johnnie To, pour lequel il a écrit plus d&#8217;une vingtaine de scripts dont <em>PTU</em>, les deux <em>Élection</em>, <em>Running Out of Time 2</em> ou encore <em>Running on Karma</em>, films tous disponibles en France en DVD. Aidé d&#8217;ailleurs par ce dernier, sa réalisation léchée et soignée rappelle évidemment la patte du maître du polar actuel. Les scènes d&#8217;actions, les choix des plans n&#8217;étant pas sans rappeler certaines idées développées par d&#8217;autres films. </p>
<p>On retrouve d&#8217;ailleurs la plupart des acteurs qui ont l&#8217;habitude de tourner pour la Milkyway (célèbre société de production de Johnnie To, entres autres) comme Lam Suet, jouant toujours le rôle d&#8217;un gros (c&#8217;est souvent son nom, le Gros), Simon Yam ou encore Tony Leung. Si l&#8217;histoire est classique, reprenant un thème mineur (les filatures), les liens tissés entre les personnages sont particulièrement à-propos et justes. On pourra également reprocher une certaine naïveté dans le thème sur certains passages, mais cela n&#8217;enlève rien aux charmes de ce polar rondement mené.</p>
<div align="center"><img src="/images/guilhem/2009/06/filatures/filatures2.jpg" alt="filatures2" /></div>
<p>Ce polar classique ravira les fans du genre. Surtout que le point de vue, suivre des flics dans leur boulot de filature, était un pari risqué, étant donné le peu d&#8217;action que cela engendre. Le réalisateur s&#8217;en sort admirablement bien et ce premier film constitue une petite surprise, en dépit d&#8217;un sujet assez quelconque de prime abord. </p>
<p>Ce film n&#8217;est certes pas le meilleur de la Milkyway. Il est solide, nous évitant une profusion d&#8217;action qui nuit souvent à ce genre de production. Les poursuites sont bien rythmées, la séquence sur l&#8217;autoroute étant percutante et flirtant gentiment avec du Michael Mann (toute proportions gardées, bien sûr). On peut regretter une absence de point de vue subjectif sur nos sociétés actuelles qui sont surveillées en permanence, puisque le sujet s&#8217;y prêtait bien, le titre du film en version anglaise, <em>Eyes in the Sky</em>, étant très évocateur. Sans enfoncer des portes ouvertes dans ce domaine, un brin d&#8217;esprit critique aurait été bienvenu. </p>
<div align="center"><img src="/images/guilhem/2009/06/filatures/filatures3.jpg" alt="filatures3" /></div>
<p>On peut regretter une absence totale de bonus, hormis les bandes annonces des autres titres de la collection dédiée à Johnnie To – c&#8217;est dommage, surtout lorsque le film présenté est un premier long-métrage. Cette absence est d&#8217;autant plus surprenante que le film en lui-même bénéficie d&#8217;un traitement du son et de l&#8217;image plus que correct. Un peu plus de détails auraient été souhaitables.</p>
<p><em><strong>Filatures</strong></em>, (<em>Gun chung</em>, <em>Eye In The Sky</em>) de Yau Nai Hoi sur un scénario de Yau Nai Hoi, produit par Johnnie To et Stephen Ng, photographie de Tony Cheung, musique de Guy Zerafa<br />
avec : Tony Leung (Shan), Simon Yam (Matt), Kate Tsui (Piggy) Maggie Siu (Madam)<br />
Hong Kong, 2007, 90 min, couleurs, format 6/0 compatible 4/3/, VF en 2.0 - VOST en 2.0 DD / 5.1. DD<br />
Édité par : <a href="http://www.arpselection.com/" title="Site officiel ARP">ARP Selection</a><br />
Crédit photographique : ARP</p>
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		<title>Sparrow de Johnnie To, le DVD</title>
		<link>http://culturofil.net/2009/06/30/sparrow-de-johnnie-to-le-dvd/</link>
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		<pubDate>Tue, 30 Jun 2009 10:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guilhem Gay</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[<blockquote><p>Sortie le 4 juin 2009</p></blockquote>
<p></p><p class='Grimaces'><img src='http://culturofil.net/wp-content/plugins/LesGrimaces//Image_guilhem_1.jpg' alt='Image_guilhem_1' /></p>

<p>Un <em>Sparrow</em> signifie dans la langue de Shakespeare « moineau », mais aussi « pickpocket ». C&#8217;est d&#8217;ailleurs à travers ces deux significations du terme que débute ce film sorti dans les salles en 2008, entre la&#8230;</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Sortie le 4 juin 2009</p></blockquote>
<p><p class='Grimaces'><img src='http://culturofil.net/wp-content/plugins/LesGrimaces//Image_guilhem_1.jpg' alt='Image_guilhem_1' ></p>
</p>
<p>Un <em>Sparrow</em> signifie dans la langue de Shakespeare « moineau », mais aussi « pickpocket ». C&#8217;est d&#8217;ailleurs à travers ces deux significations du terme que débute ce film sorti dans les salles en 2008, entre la rencontre d&#8217;un pickpocket et de cet oiseau. Ce long métrage du prolifique Johnnie To est un véritable hommage au cinéma traditionnel américain de l&#8217;après Seconde Guerre mondiale. Il semble que le réalisateur ait toujours autant de passion pour ces années 1950-60, explorant aussi bien la veine polar que la comédie.</p>
<div align="center"><img src="/images/guilhem/2009/06/sparrow/sparrow1.jpg" alt="sparrow1" /></div>
<p>Ainsi, c&#8217;est l&#8217;histoire de Kei (interprété par le prolixe Simon Yam), le pickpocket le plus habile de tout Hong Kong et accessoirement le chef d&#8217;une bande de gentils voyous. Un beau jour, il croise la route d&#8217;une jolie femme, Chun Lei (Kelly Lin). Chacun des membres du gang va successivement tomber sous la charme de cette femme, ô combien mystérieuse, qui ne les a pas croisés par hasard. En effet, elle veut que les pickpockets dérobent pour son compte quelque chose de très précieux&#8230; </p>
<div align="center"><img src="/images/guilhem/2009/06/sparrow/sparrow2.jpg" alt="sparrow2" /></div>
<p>Ce film fait figure d&#8217;OVNI dans la filmographie de Johnnie To, puisqu&#8217;on ne trouve aucun coup de feu, peu de sang et peu de violence. Tout se joue au doigté, comme les personnages de ce films, qui volent pour vivre. Le spectateur aura un peu de mal à rentrer dans cette histoire. En effet, <em><strong>Sparrow </strong></em>est une incursion de Johnnie To dans un genre peu habituel au regard de l&#8217;ensemble de son travail : la comédie romantique. D&#8217;ailleurs, la musique de Fred Avril et  Xavier Jamaux sied parfaitement à l&#8217;ambiance volontairement rétro, très en accord avec la légèreté et la douceur, teinté d&#8217;un soupçon de naïveté qui se dégage de ce long métrage. </p>
<p>La séquence principale étant le « ballet des parapluies », où ces objets remplacent admirablement l&#8217;usage de toute arme à feu. D&#8217;ailleurs, et c&#8217;est assez étonnant, on sent un peu moins de maîtrise dans la mise en scène de ce passage, même si cela reste quand même d&#8217;un niveau plus que correct. En effet, le ballet orchestré sous nos yeux manque par moment de fluidité et le déroulement de l&#8217;action y perd un peu de son intérêt.</p>
<div align="center"><img src="/images/guilhem/2009/06/sparrow/sparrow3.jpg" alt="sparrow3" /></div>
<p>Malgré cela, <em><strong>Sparrow</strong></em>, par sa facture classique, fera le bonheur des réticents des films dit « asiatiques », par une légèreté dans le propos et dans la manière de compter l&#8217;histoire. S&#8217;il est vrai que ce genre de production, très typée nord-américaine, n&#8217;a plus cours à l&#8217;heure actuelle, en partie à cause de la profusion de films à effets spéciaux et autres animés, il ravira tous ceux qui souhaitent retrouver un peu de cette magie simple qui ont fait le succès du <em>made in Hollywood</em>.</p>
<p>Le seul point faible de cette édition DVD, c&#8217;est son absence totale de bonus, hormis les bandes annonces des autres films de la collection distribuée par ARP. C&#8217;est d&#8217;autant plus regrettable que les documentaires, les interviews et les <em>making of </em>des films de Johnny To sont très rares, et par conséquent précieux. Il ne reste donc que le film et même s&#8217;il se regarde très bien (surtout un dimanche d&#8217;octobre pluvieux, pour rester dans l&#8217;ambiance), il n&#8217;est pas très marquant dans la filmographie du réalisateur, en comparaison de ces autres œuvres telles que <em>Élection</em>, <em>Exilé</em> et dans une moindre mesure, <em>Mad Detective</em>.</p>
<p><em><strong>Sparrow</strong></em> (Man jeuk) réalisé par Johnnie To, sur un scénario de Yau Nai Hoi, Chan Kin Chung et Fung Chih Chiang, photographie de Siu-keung Cheng, musique de Xavier Jamaux et Fred Avril<br />
Avec : Simon Yam (Kei), Kelly Lin (Chun Lei), Ka Tung Lam (Bo) et Lo Hoi Pang (Mr Fu)<br />
Hong Kong, 83 min, format: 16/9 compatible 4/3 - 2.35, VOST en 2.0 DD<br />
Édité par : <a href="http://www.arpselection.com/" title="Site officiel ARP">ARP Selection</a><br />
Crédit photographique : ARP</p>
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		<title>Exilé de Johnnie To, le DVD</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Jun 2009 05:00:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guilhem Gay</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[<blockquote><p>Sortie prévue le 4 juin 2009</p></blockquote>
<p></p><p class='Grimaces'><img src='http://culturofil.net/wp-content/plugins/LesGrimaces//Image_guilhem_2.jpg' alt='Image_guilhem_2' /></p>

<p><em><strong>Exilé</strong> </em> aurait pu être la suite de <em>The Mission</em>, sorti quelques années plus tôt, film qui a posé les codes d&#8217;une partie du cinéma de Johnnie To. Le parallèle entre les deux est d&#8217;ailleurs assez frappant,&#8230;</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Sortie prévue le 4 juin 2009</p></blockquote>
<p><p class='Grimaces'><img src='http://culturofil.net/wp-content/plugins/LesGrimaces//Image_guilhem_2.jpg' alt='Image_guilhem_2' ></p>
</p>
<p><em><strong>Exilé</strong> </em> aurait pu être la suite de <em>The Mission</em>, sorti quelques années plus tôt, film qui a posé les codes d&#8217;une partie du cinéma de Johnnie To. Le parallèle entre les deux est d&#8217;ailleurs assez frappant, même si <em><strong>Exilé</strong></em> n&#8217;est pas la suite de <em>The Mission</em>, tout comme <em>Vengeance</em>, le long métrage désormais célèbre du fait de la présence du très controversé (comme acteur, bien sûr) Johnny Haliday. </p>
<div align="center"><img src="/images/guilhem/2009/06/exile/exile1.jpg" alt="exile_dvd" /></div>
<p>On retrouve donc les acteurs, à savoir Anthony Wong, Francis Ng, Roy Cheung, Lam Suet et Roy Cheung, que l&#8217;on avait quitté il y a un peu moins de dix ans. Nous sommes à Macao, en 1998, c&#8217;est-à-dire juste avant la transfert définitif de cette province à la Chine, et quatre tueurs sont chargés d&#8217;exécuter un des leurs, qui a décidé de plaquer le milieux pour refaire sa vie avec femme et enfant, loin de la violence et des trafics en tout genre. </p>
<p>Enfin, quatre, disons que, comme <em>The Mission</em>, c&#8217;est un affrontement de deux personnages contre deux autres. Après une série de <em>gunfights</em> magistralement orchestré par le réalisateur, nos cinq amis réconciliés décident de tenter un dernier coup, mais le chef de la mafia locale (interprété par Simon Yam) ne l&#8217;entend pas de cette oreille et va tout faire pour que sa volonté soit exécutée.</p>
<div align="center"><img src="/images/guilhem/2009/06/exile/exile2.jpg" alt="exile2" /></div>
<p>Tout comme les <em>Élections</em>avec Hong Kong, le décor, la rétrocession d&#8217;un territoire à la Chine, sied merveilleusement bien au cadre de cette intrigue. Le passage entre deux époques amène en effet à placer l&#8217;exil au centre de l&#8217;histoire dont les protagonistes ne sont que les échos de la thématique du réalisateur. Bien qu&#8217;en Occident ce thème ait été peu abordé, il a constitué un véritable choc pour les réalisateurs de Hong Kong, comme Andrew Law avec la trilogie <em>Infernal Affairs</em>, par exemple.</p>
<p>Mais <strong><em>Exilé</em></strong>, par son cadre, sert également à un petit hommage à l&#8217;Europe, par laquelle on sait que le réalisateur a été grandement influencé, il a d&#8217;ailleurs été souvent comparé à Jean-Pierre Melville. Ici, on serait plus proche de l&#8217;Italien Sergio Leone, certaines scènes étant une reprise actualisée de ce qui a constitué l&#8217;aspect visuel des westerns du maître italien. On pense à celles où Roy Cheung tire sur une cannette plusieurs fois, tout comme à Richie Chen (le gros frimeur du film) qui joue de l&#8217;harmonica. </p>
<div align="center"><img src="/images/guilhem/2009/06/exile/exile3.jpg" alt="exile3" /></div>
<p><strong><em>Exilé</em></strong> est une ode à l&#8217;amitié masculine, d&#8217;après le réalisateur. Ce qui est vrai. L&#8217;ensemble, pour peu que l&#8217;on soit attiré par ce genre de productions (entendez par là : film de Hong Kong, <em>gunfight</em> et ambiance polar, pour résumer), on prendra un plaisir fou à (re)voir ce film. C&#8217;est toujours aussi jouissif, rythmé comme il se doit par la musique de Guy Zerafa, imposant à la fois un tempo lent mais très rock, jouant sur les différentes sensations que ressentent les personnages principaux.</p>
<p>Ce qui est étonnant, enfin, c&#8217;est l&#8217;apport des personnages féminins, souvent relégués au second plan de l&#8217;univers de Johnnie To et qui sont essentiels ici. Ainsi, Josie Ho est remarquable dans le rôle de la veuve qui ne désire que se venger après la mort de son époux. C&#8217;est le seul personnage véritablement adulte de l&#8217;histoire et on sent d&#8217;ailleurs un décalage, après plusieurs visionnages du film, entre tous les rôles masculins et le rôle féminin. On notera aussi celui de la prostituée, même s&#8217;il est plus anodin. </p>
<p>Côté bonus, seul un <em>making of</em> très sobre et peu explicatif est inclut où l&#8217;on apprend que c&#8217;est en fait une histoire d&#8217;amour virile, pleine de romantisme (sic) et où derrière ce fatras de poudre et d&#8217;action, se cache une certaine pudeur, mêlée à une forte amitié. Visiblement les acteurs du film étaient très heureux de se retrouver une nouvelle fois. On peut néanmoins regretter que ce bonus soit d&#8217;une part le seul présent, et que d&#8217;autre part, il soit beaucoup trop conforme à ce que l&#8217;on a l&#8217;habitude de retrouver dans les productions américaines, c&#8217;est-à-dire des mini interviews nous rappelant l&#8217;histoire, sans réellement entrer dans le fond de la conception du film.</p>
<p><em><strong>Exilé</strong></em>, un film de Johnnie To, scénario de Kam-Yuen Szeto et Tin-Shing Yip, photographie de Siu-keung Cheng, musique de Guy Zerafa<br />
Avec Anthony Wong (Blaze), Francis Ng (Tai), Nick Cheung (Wo), Josie Ho (Jin), Roy Cheung (Le Chat), Lam Suet (Le Gros), Simon Yam (Le Boss Fay)<br />
Format son : VF en 2.0 DD - VOST en 2.0 DD/ 5.1. DD<br />
format image 16/9 compatible 4/3 - 1.85<br />
Hong-Kong, 2006, 100 min<br />
Édité par <a href="http://www.arpselection.com/" title="Site officiel ARP">ARP Selection</a><br />
Crédit photographique : ARP</p>
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		<title>Louis le galoup de Jean-Luc Marcastel</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Jun 2009 12:00:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Martine Galati</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[<blockquote><p>Parution en mars 2009<br />
<em>À partir de 12 ans</em></p></blockquote>
<p></p><p class='Grimaces'><img src='http://culturofil.net/wp-content/plugins/LesGrimaces//Image_martine_2.jpg' alt='Appr&#233;ciation de Martine niveau 2' /></p>

<p>Avant toute chose, <strong><em>Louis le galoup</em></strong> présente une histoire singulière tant pour son auteur Jean-Luc Marcastel que par son récit à la fois historique, fantastique et passionnant.<br />
Pour son auteur d’abord. Publiée une première fois&#8230;</p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>Parution en mars 2009<br />
<em>À partir de 12 ans</em></p></blockquote>
<p><p class='Grimaces'><img src='http://culturofil.net/wp-content/plugins/LesGrimaces//Image_martine_2.jpg' alt='Appr&eacute;ciation de Martine niveau 2' ></p>
</p>
<p>Avant toute chose, <strong><em>Louis le galoup</em></strong> présente une histoire singulière tant pour son auteur Jean-Luc Marcastel que par son récit à la fois historique, fantastique et passionnant.<br />
Pour son auteur d’abord. Publiée une première fois par un petit éditeur régional, cette saga fantastique connaît tout de suite un énorme succès auprès de ses jeunes lecteurs dans le Cantal (région natale de l’auteur), puis dans le Limousin et l’Auvergne où, grâce à un formidable bouche à oreille et à la participation enthousiaste de nombreuses librairies locales, plusieurs milliers d’exemplaires sont vendus en peu de temps.<br />
<strong><em>Louis le galoup</em></strong> est le premier roman pour la jeunesse de Jean-Luc Marcastel. Il est illustré par Jean-Mathias Xavier et vient de paraître une seconde fois aux <a href="http://www.louislegaloup.com" Title="Site officiel de Louis le galoup">Éditions Nouvel Angle</a>.</p>
<div align="center"><img src="/images/martine/2009/06/louislegaloup/louislegaloup.jpg" alt="Couverture du livre Louis le galoup" /></div>
<p>Phénomène éditorial et régional, <strong><em>Louis le galoup, Le Village autour du monde</em></strong> est le premier des cinq tomes qui vont constituer cette grande et merveilleuse saga. À la fois roman initiatique et récit d’aventures, cette fresque s’inscrit dans un véritable style de Fantasy anglo-saxonne tout en s’inspirant fortement de l’imaginaire et du folklore médiéval français, lié à cette période historique dans laquelle son action se déroule.</p>
<p>Louis, héritier du prince des galoups, est confronté au terrible vicomte de Marsac et à ceux qui lui sont tout dévoués. À partir de cette idée toute simple, Jean-Luc Marcastel dresse une histoire chevaleresque où tout devient possible. Louis n’est pas un garçon comme les autres. Malgré lui, il possède certains « <em>pouvoirs</em> » qui vont lui permettre de se dépasser et de se tirer de mauvais pas à maintes reprises. C’est ce qui fait son charme, qu’on s’attache à lui bien malgré nous et qu’on a envie, mais alors fortement, de le suivre pour savoir encore comment il va faire pour relever la tête, même dans les pires situations, et continuer d’avancer vers le but qu’il s’est fixé et auquel il aspire vivement.</p>
<p>Je ne suis pas coutumière de ce style de lecture. Jusqu’à présent la Fantasy ne m’attirait absolument pas. Aussi, lorsque cette lecture m’a été proposée, j’ai un peu hésité. Puis j’ai lu le premier tome de ce <strong><em>Louis le galoup</em></strong>. Et je n’ai pas été déçue. Bien au contraire !<br />
Dès les premières pages, je me suis laissée happer par le style de l’auteur. Volontairement il nous parle à la manière des conteurs d’autrefois. Jean-Luc Marcastel nous raconte son histoire et nous interpelle au détour d’une page comme pour mieux nous en faire devenir partie prenante. Et cette façon de faire lui réussit très bien ! </p>
<p>D’un seul coup, nous sommes là, assis à ses côtés, et on ne peut que l’écouter, subjugués par le charme de ce récit épique, peuplé de légendes oubliées et tirées tout droit du Moyen Âge. La raison s’évade. On ne peut qu’écouter, ou du moins lire, cette histoire et suivre Louis dans sa quête inlassable. Le vocabulaire employé est riche et haut en couleur. Le texte conté à la manière d’un troubadour d’autrefois nous emporte. Plus rien ne nous étonne, même pas certaines invraisemblances qui semblent aller de soi, naturellement. </p>
<p>Les illustrations de Jean-Mathias Xavier occupent également une place importante dans ce récit. Sous ses merveilleux coups de crayon, Louis prend vie, ses compagnons et ses adversaires aussi.<br />
De même un glossaire est joint à la fin du roman. Si le vocabulaire utilisé ne gêne en rien la compréhension de ce récit, les explications sur le sens exact de certains mots apportent un complément bien utile à cette lecture et l&#8217;enrichissent d&#8217;autant.<br />
Enfin, et ce n’est pas le moindre, la sélection de recettes glissée à la fin du livre et commentée toujours à la façon d’un troubadour apporte un charme supplémentaire et non négligeable pour s’imprégner encore davantage de cette histoire.</p>
<p>Voilà bien longtemps que je ne m’étais pas passionnée autant pour un récit d’aventures de cette sorte. Une seule envie m’habite à présent, celle d’en connaître la suite. Ça tombe bien ! Le deuxième tome vient juste de paraître !</p>
<p><strong><em>Louis le galoup</em></strong> de Jean-Luc Marcastel<br />
Tome 1 <em><strong>Le Village au bout du monde</strong></em><br />
Éditions <a href="http://www.louislegaloup.com" Title="Site officiel de Louis le galoup">Nouvel Angle</a><br />
290 pages<br />
Crédit photographique : Éditions Nouvel Angle</p>
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